Auvergne Passion Mouche

Journal d'un passionné de pêche et de nature

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2017 , dernière sortie de l’année (Test porte canne JMC Master)

2017 touche à sa fin et il est temps de finir l’année avec une dernière sortie.

Le froid qui a engloutis nos montagnes  ne laisse guère de choix sur la destination.L’hiver s’est installé et il devient difficile d’atteindre nos plans d’eau d’altitude. Le redoux de la fin de semaine devrait pourtant offrir l’occasion de retourner à Banson ou Noiretable.Pour ma part comme l’an dernier je termine à Gerris.

Laissant mes habitudes au placard , je choisi d’aborder cette partie de pêche en densifiant les approches .Ma connaissance des lieux me poussant trop souvent à m’enfermer dans une stratégie fort rentable mais conduisant à une forme de lassitude. Une pêche très réactive, en mouvement permanent, sollicitant chaque poste de manière très rapide avec un gros streamer et un panier à soie.

A l’inverse ce jeudi sera plus statique, un poste, un éventail se déclinant de la  nymphe au fil sur une 9.6 soie de 5 à une pêche profonde S5 et animation lente .L’unique but étant d’essayer de changer de canne à chaque poisson pris pour cibler l’ensemble des espèces qui cohabitent dans le plan d’eau.

L’occasion pour moi de tester un nouveau venu dans ma panoplie : Le porte canne JMC Master. Outil souvent indispensable si l’on veut se balader avec plusieurs cannes au bord de nos plans d’eau, l’usage d’un porte canne permet surtout et avant tout de sécuriser son matériel en évitant de le laisser trainer sur le sol.

D’une apparence très plastique, ce produit de la marque JMC  se révèle très pratique et même si l’on pourrait lui trouver quelques defaults, son prix (à peine plus de 30€ sur pêcheur.com) reste à mon avis l’un des atouts phares. L’unique conseil que je vous donnerai sera de penser à alourdir le socle pour permettre une meilleur stabilité de l’ensemble lorsque les cannes sont en position.

Ainsi équipé, il est temps d’en découdre .Ma venue sur ce plan d’eau me  conduit la plupart du temps  à la recherche des poissons trophées, pourtant l’objectif de cette séance de pêche est de s’amuser des différentes réactions  de chaque espèce à nos sollicitations.

Dame fario aime les branches, les recoins ou elle peut se mettre à l’abri .Une S3 ou inter rapide, un streamer terne pousse à l’attaque luttant avec les perches pour se saisir de la s proie artificiel

Dame AEC quant à elle commence à sentir les frimas d’une eau qui s’est bien rafraichie. Il est temps d’aller habiter les couches d’eau les plus profondes. Le passage d’une S5 et d’un gros pouic marabout blanc lui fournit le prétexte d’un joli combat.

Mais c’est à la belle aquabonita que je consacre le plus de temps.

Sa couleur jaune ne lui confère que de rare pause et souvent pêcheur dès qu’il l’a perçoit s’empresse de lui jeter sa mouche sur le coin du museau. A l’opposé je choisi de m’armer de mon kikinou favoris et d’attendre la maraude de la belle en bordure pour déclencher l’attaque sur une animation. Sacrée kiki dont la lenteur ne laisse guère insensible bien des partenaires de jeu.

La saison 2017 s’achève alors que la belle jaune se faufile pour retrouver le chemin de l’eau. Bientôt le CNPL et l’opportunité je l’espère d’essayer quelques produits comme la marryat tactical pro 10 soie de 6 ou la JMC Pure. Des essais dont je ne manquerai pas de vous parler ici.

Au milieu des herbiers

Il est des batailles dont on connait l’issue à la moindre minute où elles débutent.

Frêle présomptueux que je suis, pendant un instant j’ai cru combattre cet adversaire avec la modestie de ma petite mangrove soie de 7 a laquelle j’avais accroché un simple chiro en 28/100.

Frêle présomptueux que je suis, lorsque la soie s’est tendue, lorsque le combat s’est éternisé, lorsque derrière l’appareil j’ai entendu la voix du spécialiste qui m’annonça d’un regard enthousiaste le poids présumé de la bête.

Frêle présomptueux  que je suis, 15 kg de muscle, 40 minutes d’un combat acharné pour sentir ce brin de peau qui se déchire, ruinant les espoirs d’une rencontre improbable.

A la frustration immense, il me fallait chercher quelques réconforts pour accepter ce désagrément. Faire le deuil d’un instant si rare.

De tous les visages des rivières auvergnates, de toutes les saisons, il en est un auquel je voue une affection sans borne. C’est au pays des herbiers que j’allais me ressourcer.

De cet imbroglio végétal, Ils sont nombreux les  pêcheurs qui détestent ce moment de l’année.Leurriste, amateur de godille, pêcheur aux appâts naturels, bien peu se risquent  à faire vagabonder quelques bouchées appétissantes.

Comme le signe d’une liberté qui s’estompe. Comme le signe d’une nature qui  cherche à se préserver  d’une époque où même les amateurs de la canne à mouche souhaitent tout voir , tout savoir  , tout saisir à l’image de ces pêcheurs , excellent naveur  des rivieres franc-comtoise qui m’ont expliqué être tant perturbé lorsqu’ils viennent sur nos rivières. Il faut se rendre à l’évidence, Sioule a su fabriquer sans le vouloir d’immenses réserves.

Nul façon de chercher la tranquillité sans concéder à aller ou les autres ne vont pas. Ainsi il m’aura fallu des années pour apprendre à domestiquer ces interstices promotteurs.Percevoir que tout déplacement doit se faire à pas feutré. Comprendre que l’on ne pénètre pas au milieu des renoncules sans tenir compte de leur implantation, de la manière dont elles bougent. Maitriser ses déplacements tout en préservant de sa présence celles qui habitent les lieux.

J’aime pêcher ainsi. J’aime ne rien voir, tout deviner, retrouvant les réflexes d’une pêche pleine de mystère ou l’on se surprend à imaginer, à rêver.Une pratique tout en précision, tout en humilité ou parfois le simple fait de faire pénétrer une mouche  dans l’eau suffit à vous amener une fois encore à l’étau.

J’aime sentir le poids d’une modeste truite qui fait tendre mon nylon, se saisissant du gammare qui lui échappe. J’aime soutenir, conduire, faire passer une simple noyée à la mode « tout nylon » que je m’amuse à détourner. J’aime mesurer combien le sieur thymallus si farouche ne peut se risquer à laisser passer une tricofil que l’on vient d’animer à l’endroit précis ou se trouve son repère.

Pêcher au milieu des herbiers ne s’improvise pas .C’est une pêche qui se prépare , qui se repere.Une pêche ou chaque caillou , chaque rocher , chaque veine d’eau a fait œuvre d’un repérage durant les semaines ou la rivière  a accepté de se laisser regarder. Pêcher au milieu des herbiers reste à mon sens la meilleur expression du savoir que l’on a su accumuler au fil des années.Plus ils sont denses , plus je m’amuse.Plus ils sont denses , moins il y a de monde.

Pêcher au milieu des herbiers , c’est mon trip …..

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