Auvergne Passion Mouche

Journal d'un passionné de pêche et de nature

L’effet d’une bombe……

Après de multiples réunions et avoir longuement tergiversé, le Conseil Général du puy de dôme s’affirme cette année comme partie prenant d’une volonté à voir araser l’ensemble des barrages français.
Pour s’en convaincre nul doute du positionnement de celui-ci face à la catastrophe de la Bouboule , il fera date dans la chaumière.

Le lien : http://www.peche63.com/actu/le-conseil-regional-dauvergne-demande-leffacement-du-barrage-hydroelectrique-de-la-bourboule

Mais pour aller plus loin, grâce à un lobbysme rudement bien mené à coup de saint nectaire,de saucisson et bien sur son petit vin de pays : Le Chateauguay primeur. Nos élites ont réussi à convaincre la ministre de l’environnement de faire du Puy de Dôme un département expérimental en termes de production énergétique verte.

S’écriant sur le pont des ânes, la célèbre tyrade holandienne « Le changement c’est maintenant » , dame royal  annonce qu’une grande campagne d’arasement des barrages va être menée sur l’ensemble des cours d’eau de notre departement

Suite à une réunion que se termine à l’instant même, je vous annonce donc

l’arasement du barrage des Fades et de Queuille sur la Sioule

Les premiers travaux d’arasement devraient être réalisés à l’été 2017 après études d’impacts.
Plusieurs problèmes devant être résolus comme la baisse significative de la production , la fragilisation psychologique de la vallée dont les habitants se sont habitués à avoir quelques centaines de tonnes de merde au-dessus de leur tête , et bien sur la perte de paysages magnifiques comme les méandres de Queuille

Pour l’heure d’ores et déjà la question des besoins énergétiques semble avoir trouvé une solution pertinente. Une proposition est faite pour que chaque habitant de la basse vallée de la Sioule reçoive sa bicyclette de salon équipé d’une dynamo .Il devra faire un minimum de 30 km par jour pour produire l’électricité manquante. Au-delà par solidarité, tous les habitants du département peuvent s’il le souhaite postuler à être équipé de ces nouveaux velos.Le prix à payer sans nul doute pour permettre à nos amoureux de la fée électricité de dormir en paix.

Quelques points semblent pourtant être source à conflit .

Je citerai par exemple les propos de Mr Névrose, président de la société des dépressifs du 63 qui voient dans la disparition des fades, partir l’une des destinations les plus adaptés à un suicide réussi .Il annonce d’ailleurs une grande manifestation pour le 25 mai 2015 sous le thème « Jamais sans mon barrage ».

Rejoins par le groupement des amoureux de la fée électricité ainsi que par les pêcheurs d’eau qui stagnent, ce collectif d’association sera reçu très rapidement à la préfecture de Clermont.

De première proposition sont annoncéee comme l’instauration de grande journée carnassier au sein de la piscine de Clermont communauté, ainsi que la distribution d’un petit fascicule « Les meilleurs destinations pour faire le grand saut».

Ainsi donc il est pour l’heure difficile d’être plus précis.Je vous donnerai d’autres nouvelles sur le blog très rapidement.

Je vous invite pour conclure à visionner les premières minutes d’un film tourné il y a quelques années par e-one production. L’occasion d’observer les majestueux méandres de Queuille.Ces images démontrant comment l’homme reussi parfois à intégrer ses ouvrages dans la beauté d’une vallée.

FreeFly Radian / Cinestar 6 « Sioule River » from E-ONE PRODUCTIONS on Vimeo.

I have du Dream ( Découvrir la pêche au USA)

I Have a Dream (a Fly Fishing Dream)

Préparer un voyage de pêche aux USA/Carnet de route par Vincent Deconchat.

Originaire à la fois des montagnes thiernoises et des collines limousines, rien ne me prédisposait à traverser les océans, et pourtant une immense passion dévorante me fera découvrir des lieux, des hommes et un sentiment de liberté que je ne pouvais honnêtement imaginer.
Mes premiers pas de pêcheur au fouet je les ferais avec mon ami Jean-Paul, au bord de la Couze Pavin, de l’Allagnon, de la Sioule, de la Tarentaine tous ces joyaux auvergnats qui restent toujours pour moi des rivières magiques.
Puis le courage et la passion de plus en plus dévorante me projette vers une idée folle. M’envoler vers le pays de Norman Maclean, vers le pays où les rivières à salmonidés font souvent plus de 300km de long, un pays grand comme la moitié de la France avec seulement 1 million d’habitants. Dans ce pays, les truites sont sauvages et la carte de pêche coûte environ 50$ pour une année. Ce pays, c’est le MONTANA auquel j’ajouterais les autres états des montagnes rocheuses que j’ai visités: l’Idaho, le Wyoming, l’Arizona et l’Utah.

1-Les paysages :

les paysages du nord des rocheuses, comme ici à Glacier National Park

???????????????????????????????Ceux du Montana typique et du Grand Teton Park dans le Wyomming

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Ceux de l’Utah (pour moi le plus bel état des Etats-Unis)

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ceux de l’Arizona dans le Grand Canyon.

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Voyagez aux Etats-Unis n’est pas un problème. Les milliers de kilomètres de voiture passent même trop vite tant nos yeux se régalent à chaque virage…

2-Les rivières :

-Autour de Missoula :

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le « petit » Fish Creek, un affluent de la Clark Fork, au nord de Missoula. Beaucoup de poissons de toutes les espèces. Parfait pour débuter et pour la pêche en sèche-nymphe.

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La mythique Blackfoot River, la rivière du sixième jour, la rivière du film « Et au milieu coule une rivière », même si le film a été tourné sur la Gallatin River…. Le rêve américain par essence…

la North Fork Blackfoot (un affluent de la Blackfoot), le Montana dans sa version la plus sauvage. Eau glaciale et translucide, aucune activité humaine à moins de 50 km… Poissons plus difficiles à prendre, mais que des cutthroats et parfois de très belles tailles !!!

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Le Rock Creek, la rivière préférée des habitants de Missoula. Une rivière qui coule dans une vallée paradisiaque sur 80 km, et là aussi aucune présence humaine, juste une route en gravier totalement chaotique (attention à vos voitures de location, j’ai rendu la mienne dans un état différent de celui dans lequel je l’avais trouvée….)

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La Clark Fork, la grande rivière qui passe dans Missoula et qui traverse le Montana sur 499 km.

-Autour du Parc Yellowstone :

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La Gallatin River, facile d’accès et facile à pêcher, mais rivière superbe avec beaucoup de truite arc en ciel (sauvages bien sûr !!). C’est ici que Brat Pitt prend son bain dans le film :)

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Le Slough Creek, le bijou du nord du parc. Une petite ballade de 6-7 km et vous vous retrouvez dans un paysage à couper le souffle, au bord d’une rivière ou les cutthroats emblématiques du parc apprécieront facilement vos imitations de fourmis ou de sauterelles. Ne pas venir au Yellowstone sans faire cette ballade….interdit ….

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Le Soda Butte Creek et la Lamar River. Les rivières du nord du Parc, de magnifiques poissons emblématiques, mais également une pression de pêche démentielle. You’ll never fish alone au bord de ces rivières.

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La fameuse Madison River qui coule dans une vallée de 295 km. Cette rivière est mythique pour son éclosion fin juin début juillet de stone fly. Chaque année de très grosses farios se prennent à cet époque ainsi qu’à la fin du mois d’octobre juste en amont des barrages.

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La Yellowstone River, large, majestueuse, offrant des possibilités de pêche à l’infini…

-dans l’Utah :

La Green River

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La Green River est pour moi le joyau du sud des montagnes rocheuses. Le parcours se situe au pied du barrage de Flaming Gorge. Une pression de pêche très importante, mais des paysages à couper le souffle et des poissons très sollicités mais avec des couleurs sublimes. Ce parcours est situé loin du Montana, mais le détour est obligatoire !!!

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3-Les salmonidés des rocheuses :

Je tiens à dire en préambule que je ne suis pas un chercheur de truite trophée. Je suis un pêcheur qui adore découvrir, prendre son temps, qui peut s’extasier beaucoup plus facilement devant une petite arc aux superbes couleurs plutôt que sur une grosse mémère farios qui sent encore le granulé. Les États-Unis se prête parfaitement à la recherche de gros poissons, les parcours sont connus et très fréquentés, de mon côté je préfère le côté sauvage, me « perdre » dans l’immensité des paysages et comme vous allez le voir, je prends aussi de jolis poissons !!
Je commence par les poissons qui nous sont familiers en Europe :

La truite fario (brown trout)

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La fario, originaire d’Europe s’est parfaitement acclimatée dans les rocheuses. Les Américains ne la considère pas toujours à sa juste valeur. C’est dommage, elle a les mêmes comportements que chez nous, lunatique, mais avec des couleurs sublimes surtout sur la Green River où quand elle est à table, elle perd tout sens du danger.

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Des poissons trophées sont à prendre sur la Madison, la Yellowstone et la Missouri river, souvent au streamer quand les eaux sont un peu chargées où à la fin de l’automne quand elle remonte les grandes rivières pour frayer.

La truite arc en ciel (RaimbowTrout)

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La truite arc en ciel est pour de nombreux européens LA truite des Etats-Unis. Ce n’est pas tout à fait vrai, mais elle est présente dans quasiment toutes les rivières des rocheuses, malheureusement souvent aux détriments de la souche originelle la cutthroat que nous présenterons plus bas.

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Ce poisson est extrêmement combatif, il est doté d’une puissance terrible et vous donnera du fil à retordre dans les grandes rivières avant de se rendre dans votre épuisette.

Le White Fish

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Poisson endémique des rocheuses, on pourrait le confondre avec un ombre, mais il possède ni sa dorsale et son comportement et se rapproche plus de la corégone. Ce poisson vit sur le fond des rivières. En très grand nombre, il n’hésitera pas à avaler goulument toutes les formes de nymphes que vous lui présenterez, au point de parfois devenir un peu « envahissant ». Il se nourrit très peu en surface, et donc lorsque vous tombez sur un banc et pour éviter de les prendre les uns derrières les autres, il faut passer en sèche !

La Bull trout :

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Poisson en danger dans les rocheuses, sa pêche intentionnelle est interdite. Ce poisson est le seul que j’ai pris l’année dernière, il est rare mais avec de très jolies couleurs et surtout ses plus gros spécimens peuvent dépasser allégrement les 80 cm…

La cutthroat

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La cutthroat est le poisson qui me fait rêver dans les rocheuses. Ce poissons a des couleurs sublimes, des couleurs différentes sur chaque rivière, c’est le poisson endémique à préserver. Des millions de dollars sont investis pour essayer de préserver son habitat et surtout pour éviter l’hybridation avec la truite arce en ciel. Cette hybridation, la cutbow, donne quand même de très jolis poissons. Un exemple ci-dessous :

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La prochaine fois que vous prendrez une arc dans un réservoir. Vérifiez si elle n’a pas une petite marque rouge sous la gorge. Si c’est le cas c’est qu’elle possède quelques gênes de la cutthroat, l’espèce la plus ancienne des rocheuses.
Je n’ai pas parlé ici des Brook trout (nos saumons de fontaines) que l’on trouve en assez grand nombres dans certains tributaires du parc Yellowstone ni de la Lake Trout (le crustivomer) salmonidé classé nuisible qui détruit les cutthroat dans le parc et qui à cause d’un empoissonnement accidentel a envahi l’immense lac Yellowstone. La guerre lui est déclarée. Si vous en attraper vous devez le détruire immédiatement…

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Vous voyez, vous avez l’embarras du choix, de nombreuses espèce de salmonidés rendent la pêche assez imprévisible ! Vous passerez des heures à prendre des farios, puis sans aucune explications logiques ce sont les arcs ou les white fish qui viendront prendre le relais. C’est toujours une belle surprise de prendre des poissons de différentes espèces.

4-Des techniques et des mouches :
Dans les rocheuses la pêche reine est clairement la pêche en sèche. Les poissons ont très souvent le nez tourné vers la surface. La majorité des guides que j’ai rencontrés me disent qu’ils pêchent de mai à septembre exclusivement en sèche… Ils utilisent quasiment tous la technique de la double sèches (deux mouches montées à 40 cm l’une de l’autre). Cette technique convient parfaitement aux grandes veines d’eau des grandes rivières.

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Ce binôme (sauterelle- fourmi), m’a permis de faire de superbes matinées sur la Yellowstone. Mais vous pouvez suivant les heures de la journée et les conditions de la rivière le dériver à l’infini. Sur la Green river, c’est le binôme fourmis noires et petits sedges chevreuil fonctionnait le mieux. En tout cas n’hésitez pas à pêcher avec de grosses imitations.

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Pour info voici mon gilet et ma boite de mouche à la fin de l’été, jetez un œil à la taille des mouches utilisées.

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Mais encore une fois, il faut savoir s’adapter, parfois en coup du soir, les toutes petites imitations sur hameçon de 18-20 feront merveille.
Cependant, comme partout dans le monde, l’activité en surface des poissons peut ralentir et en bon français habitué à pousser du tungstène on peut également se rabattre vers la pêche en nymphe. Celle-ci donne également d’excellents résultats surtout si vous aimez les gros white fishs qui se jetteront sur toutes formes de nymphes. La couleur et les formes de nymphes ne m’ont pas semblé être un gros problème sur la majorité des rivières. Une simple pêche en sèche-nymphe avec une bonne vielle oreille de lièvre ou une pheasant tail faisaient parfaitement l’affaire sur les rivières de petits à moyen gabarit. Un petit bémol cependant, sur certaines rivières comme la Madison ou la Green river, ou la pression de pêche est très importantes, les imitations sont beaucoup plus spécifiques et les tailles beaucoup plus réduites (hameçon de 20-22 !!). Dans ce cas, ne pas hésiter à rendre visite à un magasin de pêche (y en a partout dans le Montana!!), ils vous vendront la nymphe du moment, et franchement il faut leur faire confiance !!

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Mon magasin préféré ! Le Fisherman’s Mercantile au bord du Rock Creek dans les environs de Missoula, un magasin du type saloon du Far West tenu par des passionnés, pour des passionnés.
Une technique intéressante qui donne de jolis résultats sur les grandes rivières est la pêche en nymphe au fl. La Blackfoot, La Flathead, la Yellowstone s’y prêtent parfaitement !!

Avec un peu de chance, sur la photo, vous pourrez distinguer ma soie et l’indicateur rouge intégré à mon bas de ligne.
Pour finir, et pour les amateurs de gros poissons, la pêche au streamers est d’après les guides particulièrement productives en fin d’automne sur les farios de la Madison, du Missouri et de la Yellowstone. Je n’ai pas beaucoup pratiqué (peut-être à tort !!) cette technique, mais je sais que de nombreux habitants du Montana l’utilisent à la recherche de poissons trophées ou lorsque les eaux sont un peu mâchées.

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Alors, Je vous attends au tournant et la question qui vous trotte dans la tête : » Et donc, là-bas, est-ce vrai que l’on touche plus de poissons? de plus gros poissons ? »

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La réponse est OUI, franchement oui, cependant la pêche reste toujours imprévisible, vous passerez des journées avec et des journées sans, des moments où on se demande s’il y a des poissons dans la rivière et des moments où on se demande comment il est possible d’en voir autant… Cependant, le nombre de prises est en moyenne bien plus élevé que chez nous, les poissons ne sont pas tous des trophées mais sont en général de belles dimensions.
Alors pourquoi une telle différence avec chez nous ? En premier, la pression humaine, les montagnes rocheuses sont peu peuplées et les rivières souvent en très bonne santé. En second, je parlerai de quelque chose qui me tient beaucoup à cœur. Au cours de mes quatre voyages outre-Atlantique, je n’ai JAMAIS vu un pêcheur prélever un poisson. Certes, ce n’est pas interdit, mais personne au bord des rivières ne se promène avec un panier et un beau torchon destiné à entourer le cadavre de quelques poissons ayant eu la mauvaise idée de nous procurer un peu de plaisir. Ceci m’emmène à traiter la dernière partie de ce qui m’attire le plus aux Etats-Unis :

Le sentiment de liberté :

La liberté, même si elle a la même définition que chez nous n’a pas du tout le même ressenti de l’autre côté de l’Atlantique. La liberté vous la ressentirez partout et en permanence, dans l’immensité des paysages, dans la gentillesse et la disponibilité des habitants des rocheuses. Cette liberté c’est de pouvoir profiter d’une certaine qualité de vie et donc de pêche en respectant celle des autres. En pratiquant le no-kill quasi généralisé, le pêcheur américain protège sa liberté et celle des autres.
Il est très difficile d’illustrer ce sentiment, alors pour conclure ce petit compte-rendu je vous laisse avec quelques photos qui pour moi l’évoque le mieux.

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Un dernier petit mot un peu personnel : toutes les photos ont été prises par ma femme ou moi-même lors de nos différents voyages, vous pouvez donc les utiliser à volonté.
Le seul petit regret dans toutes ses aventures est que je pêche toujours seul car ma femme ne pêche pas et comme j’aime le partage et si vous souhaitez avoir des renseignements plus précis n’hésitez pas à me contacter par mail à talmuermo@yahoo.fr , je me ferais un plaisir de vous renseigner et peut être un jour partager mes aventures avec vous.

Un sacré bapteme ( Marryat Pro Nymph 10,6#3)

C’est à l’occasion du salon de saint Etienne que j’avais pu découvrir l’arrivée de la nouvelle gamme Marryat.
Au-delà des effets d’annonces et des avis utilisateurs que l’on cherche ici ou là, rien ne remplacera jamais la sensation de se faire sa propre idée. Après plusieurs essais, l’une d’elle m’avait semblé pouvoir completer mon fagot de canne : La Marryat Pro Nymph 10.6 soie 3. OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Pourtant lancer un brin de laine sur une aire, faire tous les test du monde ne suffisent pas à mon gout à remplacer le verdict de la pratique.
Après quelques semaines d’attente pour cause de stock très faible, Jérôme Gaillard nous appelle enfin pour venir récupérer nos cannes dans sa boutique au centre de pêche de lastioules.
Jeudi sera donc jour de bapteme.Quoi de mieux que d’offrir à ma nouvelle partenaire de jeu un terrain à la hauteur des attentes qui m’ont conduit vers cette achat. Les paysages lozériens comme le berceau de ses premières heures de pêche.

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Rapidement avec Jérôme, nous nous mettons à l’eau. Il est temps de passer aux choses serieuses.Confirmer les impressions que nous avons eu lors de nos premiers essais. La canne se montre très agreable.Un sentiment de légèreté qui m’amene à retrouver totalement les atouts que j’avais apprécié sur une canne comme le castor.

Associé à une soie source de la Lozère N°1, la pêche se fait extrêmement precise.Un plaisir de pêche que l’on ressent même avec l’usage de toutes petites nymphes permettant d’utiliser les parties peu profonde de la rivière ou les poissons viennent chercher la chaleur d’un rayon de soleil dans cette eau rafraichi par la neige.

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On s’applique, on espère, on attend le premier poisson. Celui qui répondra à cette question la plus essentielle : Les sensations.
C’est la chose principale que j’attends d’une canne.Dès lors que l’on remet à l’eau ses poissons, notre acte de pêche ne devient que plaisir. Certains chercheront la performance, moi je recherche l’épicurisme d’un instant. Celui ou la canne se plie, ou le poids du poisson se fait ressentir.

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Pourtant les heures passent. Pas une tape, pas un poisson. Midi s’annonce et toujours rien. L’eau très fraiche semble avoir rendu inactif tout le petit monde de la riviere.L’usage de cette canne nous pousse à faire le choix de la finesse sans être sûr que ce soit très pertinent. De spot en spot, le doute s’installe. Du vert de l’espoir de l’ancienne Marryat, le noir brillant de la pro nymph signerai telle à cette première sortie que nous soyons maudits et que nous finissions avec un cinglant capot.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAA l’horizon, le gours profond dessine le long de la berge une coulée que ne laisse aucun doute à des années de pêche. Ici dame fario a trouvé refuge, c’est sur.
Avec application j’insiste ne changeant rien à mes choix même si la profondeur de l’eau approche les 3m.Je concède à alourdir un peu la nymphe de pointe avec l’usage d’un Jig en 3.5 mm même si l’expérience d’un scion cassé sur la Castor devrait m’avoir servi de leçon.

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La dérive est parfaite .Il est des instant où l’on sait, on l’on sent que c’est le moment. Après avoir laissé du mou pour éviter toute contrainte et permettre à la nymphe de toucher le fond, je reprends le contact avec ce minuscule amas fait de tungstène et de plume. Mais un poids lourd, comme si un galet du fond avait décidé de se saisir de ma nymphe se met à bouger. .Ca y est, la belle est pendue.

Voici ce que j’attends, voici pourquoi je veux absolument pêcher avec des fleurets de plus en plus fin .

Avec une soie de 3, les sensations sont démultipliées .La canne est cintré en deux, chaque coup de tête vient claquer dans mon poignée. Le plaisir, rien que plaisir. Au fond du gours, la belle se dessine dans l’eau claire. Je découvre la beauté d’un poisson dont je n’aurais même pas osé croire.

Magnifique fario de Lozère, le combat se fait rude. , je tire comme un âne sur cette marryat.Le peu de carbone que me relie avec la belle se plie sur toute la longueur L’épuisette en main, tremblant d’une émotion rare, je ne veux, je ne peux me résoudre à échapper ce premier poisson de ma nouvelle partenaire. Dans un élan furieux, après quelques minutes si longues, si courtes, la belle se rend, la gueule s’enfonce enfin du filet de mon épuisette.

Gise alors sur les graviers, l’un de mes plus beaux instants passés sur les rivières lozériennes auxquelles je l’avoue je m’émerveille à chaque visite. Une minute de plus, comme un dernier souvenir, nous communions encore le temps de quelques photos dont la plus belle reste gravée .Celle de voir ce magnifique joyau repartir au fond de ses gours

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Maintenant la journée avec la marryat se dessine autrement. Je laisse derrière moi tous les soucis d’innombrables questions dont je ne doute pas que quelques spécialistes se feront l’echo.Peut-on faire ceci, ou cela, peut-on glaner avec quelques cerises, ou comme je l’ai lu dernièrement « Avec la 10.6 soie 3, impossible je vous l’assure de pêcher en sèche ».

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De ces refrains, de ces certitudes, la belle éclosion de l’après-midi me conduira à m’adapter. N’ayant ni le temps, ni l’envie d’ailleurs de revenir à la voiture pour changer de canne. Je ferai de ces derniers doutes aucune attention. En sèche -nymphe, rien qu’a nylon, quelques belles farios viendront compléter le tableau d’une journée très réussie.

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Ainsi donc car il est temps de conclure, je pourrai chers amis lecteurs vous faire l’éloge de la beauté d’une ligature, de l’équilibre parfait avec le moulinet .De vous décrire au centimètre prés la position de l’anneau de départ .Je pourrais vous donner source à d’autres innombrables questions. Pourtant je ne ferai rien de tout cela. Une canne n’étant que l’objet qui nous relie à nos rêves, à nos espoirs. La canne ne fera jamais le pêcheur, elle l’aidera jute un peu à assouvir ses désirs .Tels auront été mes premières heures avec ma nouvelle marryat pro nymph spécial 10.6#3.Rien de plus, rien de moins…….

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En sêche , il fallait y croire

Depuis l’ouverture la météo joue avec la patience du pecheur.Alternant de belle journée ou les températures filent, offrant la perspective des premières éclosions de l’année .Puis tout à coup le ciel se couvre et la froid rempli la vallée. Rapidement la neige se met à tapisser le sol de son manteau d’hiver.

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Certes je pourrais contre mauvaise fortune choisir de m’adonner à quelques techniques plus pertinentes comme la pêche au vairon. Mais on ne se refait pas, je suis un moucheur jusque ‘au bout de la soie. Alors à la facilité, je lui préfère la recherche, la recherche du bon secteur, du bon moment, de ce museau qui creve la surface, de ce gobage qui fait ce que je suis. En sèche, rien qu’en sèche, le premier beau poisson de l’année me livre cette leçon.

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Il faut y croire, toujours et encore ….

Coupe d’Auvergne des Clubs 2015

Ce samedi avait lieu à Beaune d’Allier , le Sélectif d’Auvergne des clubs .

OLYMPUS DIGITAL CAMERAL’atmosphère, la convivialité, l’enthousiasme qui existe actuellement au niveau de notre comité pousse chacun à venir participer à ce rendez-vous. Ce n’est pas moins de 17 équipes qui feront le déplacement pour tenter leur chance et se qualifier à la finale.
Organisé sur le plan d’eau du Rousset, avec le concours du club « les arts de la mouche », nous devons tout d’abord remercier Philipe Parat et l’ensemble des bénévoles qui ont travaillé avec lui pour permettre la réussite parfaite de cette manche.

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La compétition se déroule sous la forme de 9 manches de 45 minutes par équipe avec 2 pêcheurs en action et un pêcheur qui contrôle.

Pour ma part je faisais équipe avec Jérôme et Franck comme l’an dernier .

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Sans pression,sans objectif, ne fesant plus ces competitions que pour essayer de faire vivre ces moments de l’interieur à travers le blog ,j’avoue que nous avions abordé ce rendez-vous dans la plus complète diletente.

Le niveau de la pêche en réservoir en Auvergne a considérablement augmenté ces dernières années sous l’impulsion des anciens qui amènent dans leur sillage une nouvelle génération à l’image d’un Florent , Matthieu,Quentin et d’autres qui aujourd’hui ne laisse plus guère de chance à l’improvisation.

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Coté pêche, ce fut surtout petit streamer, bob et autre merdouille en tout genre pour séduire des petits poissons retord à souhait qui sitôt piqués, s’amusent à prendre l’air et se décrochent .Comme à notre habitude maintenant, notre équipe allait faire des éclats au cours de 5 premières manches du matin, terminant en tête du classement .Mais comme à notre habitude et comme l’an dernier, l’après-midi fut synonyme de baisse de régime généralisé. Maintenir un résultat nécessitant parfois plus d’envie que de l’acquérir , l’inconscient prenant souvent le pas puisque nous nous voulions surtout pas nous qualifier .

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Pourtant à titre personnel, ayant souvent la chance de faire des trucs qui n’arrive qu’a moi, je retiendrai la joie d’avoir eu à combattre un modeste brochet sur un mini blob en 10 et une pointe en 19/100, une perte de temps sur une manche ou nous etions dans la pêche.Ce poisson suffira largement à m’offrir le plaisir pour garder de cette journée un excellent souvenir. Dommage parfois que l’on ne compte que les arcs.

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Ainsi la journée s’écoule sous la pluie et des conditions de météo qui n’auront cessé de se degrader.Une habitude aussi pour le sélectif d’Auvergne. L’arrivée de la fin des neufs manches sonnant comme la bienvenue pour bon nombre d’entre nous trempé jusqu’aux os.

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Jean Gilles se mis très rapidement à la manœuvre pour donner  les résultats .Se sont 490 poissons pris qui seront mis à l’epuisette avec une taille moyenne de 32 cm.Le plus gros poisson etant à l’actif d’une equipe du CMC avec une truite de 56 cm.Seulement 2 equipes passeront la journée sans faire de capot , une belle performance.
C’est le club GPS Sioule et Bouble qui emporte la victoire accompagné par une equipe du CMC .Le podium se trouvant complété par une équipe de Sioule et Morge.

1er :GPS Sioule et Bouble 1 –Darnis/Vachet/Galland
2eme :CMC1-Lavigne/Barlet/Bechon
3eme :GPS Sioule et Morge1-Francisco/Miclet/Patissier

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Ces équipes auront (avec probablement une quatrieme ) la lourde mission d’aller représenter le comité régional lors de la finale des clubs qui aura lieu au cours du mois de novembre.

On est tous pareil

Toujours aussi rare sur le blog de vous mettre en lumiere une vidéo denichée sur le web  , mais là je dois avouer ,  j’adore.Nous sommes donc tous pareil…..

Ce que disent les moucheurs… from CATCH MY FLY on Vimeo.

 

Profitez-en pour faire un petit detour sur la chaine de Catchmyfly et de visionner notament leur film sur la Bosnie.Un regal.

La chaine :https://vimeo.com/catchmyfly/videos

On attend la suite avec impatience…..

De nouveaux panneaux sur la Sioule

Issus de la fusion avec l’AAPPMA la fario des Combrailles, l’AAPPMA La Truite possede aujourd’hui un territoire immense  s’etalant du barrage de Queille à la limite avec l’Allier en rive gauche et en rive droite .Un secteur dont il convient de prendre soin.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAInformer les pêcheurs, les convaincre respecter le règlement mis en œuvre et qui vise notamment à donner l’opportunité à notre truite d’accomplir au moins une reproduction efficace, voici les raisons pour mettre en place un panneautage sur notre secteur.

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Grace à l’investissement de nos 2 nouveaux gardes Sebastien et David , et de Jérôme, nous avons mis en place 25 nouveaux panneaux ( de Menat à la confluence avec la gourdonne rappelant le règlement fédéral applicable sur le secteur géré par notre AAPPMA.

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Je vous informe aussi de la disparition de la réserve de pêche à l’aval de l’ancien seuil de Menât.

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Je profite aussi de l’instant pour vous inviter à relire l’argumentaire qui a conduit à mettre en œuvre ce règlement.

AAPPMA LA TRUITE DE CHATEAUNEUF LES BAINS

Amis pêcheurs,

Le Règlement intérieur de l’AAPPMA « LA TRUITE » de CHATEAUNEUF LES BAINS précise dans son

Article 2a :

Que vous devez relâcher les truites d’une taille inférieure à 28cm.

Pourquoi cette taille ?

Code de l’environnement, art.L.436-5.

Alinéa 2 : « Les dimensions au dessous desquelles les poissons de certaines espèces ne peuvent être pêchés et doivent être rejetés à l’eau ; ces dimensions ne peuvent être inférieures à celles correspondant à l’âge de première reproduction. »

Une étude scalimétrique (étude des écailles de nombreux poissons de tailles différentes), réalisée en partenariat avec la Fédération de Pêche du Puy De Dôme, sur la Sioule, en aval du barrage de Queuille démontre que les truites atteignent cette taille au cours de leur 4ème année. Ce n’est qu’à cet âge, donc à cette taille, qu’elles participent efficacement pour la première fois à la reproduction.

Outre de nombreux facteurs (pollution, effets des barrages en amont?), des prélèvements inconsidérés fragilisent énormément notre rivière.

Nous vous demandons donc de respecter ce Règlement Intérieur :

- Maille à 28cm

- Quota journalier de 4 truites/jour et annuel de 100

- Prélèvement de l’ombre commun interdit (Implantation en cours)

- Respect des zones de reproduction

(Jusqu’au 15 Avril pour les truites et Avril-Mai pour les ombres.)

En prenant conscience de la fragilité des écosystèmes et de la nécessité de les préserver, vous participerez, avec nous, à une gestion cohérente, annonciatrice d’espoirs pour nous et surtout pour les générations futures.

Merci d’avance pour les efforts que vous allez faire.

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2015 , Les premières heures

Ce sont les premières heures d’une nouvelle saison. La saveur d’un instant où l’on retrouve enfin après des mois d’hiver interminable les sensations d’une passion dévorante.

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Dans la foule des grands jours, on se fraye un passage pour retrouver une amie. Une ouverture est toujours un instant particulier ou les dames des Combrailles payent un lourd tribu à l’un des activités les plus prédatrices .

Combien des géniteurs auront connu comme linceul d’un instant un vieux torchon usé.Pertinant d’imaginer que probablement il est mort plus de truite cette première semaine de la main des pécheurs que de celle d’un propriétaire qui va vouloir faire quelques kilowatts d’energie.Amusant non !!!!!

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Mais trêve de plaisanterie, il est temps de partir à la pêche. Le temps de retrouver les bons gestes, les bonnes sensations.

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Le temps aussi de gouter à plein poumon à la beauté de notre auvergne. La solitude, la plénitude au fond d’une gorge, ou assis sur un rocher on contemple ce petit poisson se saisir de la moindre pitance.

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L’émotion d’un premier gobage.

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Ces premières heures sont aussi l’occasion de tester les nouveaux produits que l’on a chinés durant l’intersaison. La fainéantise ou l’age arrivant, j’avais craqué à saint Etienne pour les nouvelles chaussures simm’s sans lacets.A l’usage si la sensation d’être bien tenu à la cheville se fait plus douce, ces chaussures se montrent très confortable et très pratique. Seul le temps d’une saison dira maintenant si la fiabilité est au rendez vous.

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Avec enthousiasme aussi, j’avais commandé à la fin 2014 une soie naturelle spécifique à Jeremy Perez dont la particularité était de produire une soie très fine, bleu avec quelques centimètres orange. Je dois bien avouer qu’a delà du travail impeccable, en action de pêche cette soie se révèle etonnante.L’aprét un peu raide à la main se fait vite oublié par un confort de pêche très sympathique. Une soie adoptée et qui sans nul doute sera une partenaire de jeu privilégiée pour cette saison 2015.

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Ainsi donc la saison avance, une semaine déjà .Les temps de quelques rencontres aussi .Ces premieres truites comme la recompense d’un pêche appliqué ou l’on cherche à prendre un maximun de plaisir.

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Des émotions que l’on retrouve dont la plus belle reste très certainement de regarder repartir cette truite au fond de l’ode. Comment pourrais-je prétendre tant t’aimer, comment pourrais-je tant penser à te protéger, comment pourrais-je dire aux autres de s’inquiéter de ton sort, si ma seule réponse fut de te regarder mourir de mes mains!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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Manifestation sur la Dordogne.Une autre façon de faire l’ouverture

En réponse à la catastrophe subit par la Dordogne ou des milliers de m3 de boues se sont déversées dans la rivière, tuant probablement une grande partie de la vie, les AAPPMAS Haute Dordogne accompagnées et soutenues par la à FD63, avait demandé aux pêcheurs de sacrifier quelques heures de l’ouverture pour montrer leur soutient, leur inquiétude, leur dégout face à ces heures sombres.

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Ce sont plus de 200 personnes (peut être plus) que se sont regroupés au niveau du barrage de la Bourboule, indiquant un signal fort, notamment auprès élus venus assister à cette manifestation.Elu de la pêche, du pays des Couze, de la Sioule, du Forez, notre département a affiché une unité dans la douleur. Pêcheur venu de loin, parfois à des centaines de km, tous nous avons dit simplement « On est avec vous ».

Sans titre 2Profitons aussi de l’instant pour féliciter les décisions prises autour de la pratique de notre activité.

Alors que dans bien des endroits en France , ces évènements sont en permanence source à ne rien faire , les AAPPMAS locales ont démontré leur sens de la responsabilité demandant très rapidement la mise en place d’un ARP de protection qui passera par la mise en réserve de la zone la plus touché entre Le barrage de la Bouboule et celui de Saint Sauves et la mise en no kill sur la partie aval jusqu’à Bort les orgues. Nous pouvons tous etre fier de soutenir des gens responsables , et dont le mot « Aimer sa rivière » à un sens.

ARP : Arrété prefectoral modificatif 2015 relatif à l’exercice de la pêche en eau douce dans le 63

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Mais au-delà, les ennemis des rivières doivent comprendre qu’ils ne nous tueront. Aujourd’hui manifestant, demain en longeant les berges qui s’étendent dans les prés de saint sauves, de Messeix, et d’ailleurs, la Haute Dordogne écrira une nouvelle page de son histoire.

La mobilisation d’aujourd’hui comme un écho d’espoir dans la vallée………..

Chronique d’une mort annoncée

Parfois lorsque l’on ouvre sa boite mail , on a la surprise de recevoir un texte.Le genre de chose ou les mots s’enchainent , ou les mots vous racontent une histoire.Voici ce qui vient de m’arriver.Alors je laisse place à cet auteur qui n’a pas souhaité etre connu mais dont la prose je l’avoue m’a touché.Auvergne Passion Mouche s’ouvre aujourd’hui à travers la chronique d’une mort annoncée

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« J’ai envie d’écrire.

Mais je n’ai pas d’idée… un roman ? Policier ? Une nouvelle peut être ? Des articles pour vanter la beauté de ma région, et sa fragilité ? Je ne sais pas ! Et ça m’emmerde !!!

J’habite en Auvergne. C’est une belle région. La plus belle peut-être. Mais je ne le dis pas, je le sais.

Ça me fait d’ailleurs doucement rigoler quand j’entends un ami me dire je viens d’ici, ou de là, et c’est le plus bel endroit du monde. Bah, peu importe, je me dis que l’on soit d’Auvergne ou d’ailleurs, c’est toujours mieux de vivre dans un coin qui nous plait.

Déjà que ce n’est pas sûr qu’il ait des rivières à truites à côté de chez lui, alors si en plus il déprime d’habiter dans un trou perdu qui a déjà conduit deux ou trois membres de sa famille au suicide, ça ne serait vraiment pas de chance.
Donc, j’habite en Auvergne… Bon. C’est chaud comme début pour un roman, surtout policier.
« Que s’est il passé ? La nuit dernière ? Ce drame qui a mis toute la vallée en émoi, à quelques jours de la fête du bleu ? Quelle mauvaise rencontre a bien pu faire l’René pour se retrouver écrasé sous son tracteur ? » Et bien, ce n’est pas gagné d’avance.

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Comment placer là-dedans un commissaire mystérieux, seul, alcoolique et avec des méthodes bien à lui ? En plus, Aimé Lacapelle est déjà dans la place, macarel.

Une nouvelle ? Pas compliqué, il faut une bonne idée…

Je disais donc que j’habite une belle région. C’est un bon début pour une nouvelle, mais on se demande quand même si on ne va pas se faire un petit peu chier.
Du coup, faudrait une putain de bonne idée et là, tout de suite ça se complique.

J’en ai eu une, l’autre jour, j’aurais peut être dû la noter. « Pov’cul » dirait un collègue. Un peintre, débutant, mais qui ira loin. Il est déjà allé jusqu’à Ussel pour exposer alors que ça ne fait que trois mois qu’il peint… je devrais mettre une de ses toiles en couverture du bouquin… si je retrouve cette putain de bonne idée.

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Un article ? Pourquoi pas…

J’ai même envoyé un mail à un éditeur célèbre en Auvergne, mais il ne m’a pas encore répondu… Ils ont du flairer l’entourloupe, je leur ai demandé quelles étaient les thématiques de leurs prochains numéros afin d’écrire quelque chose qui corresponde. Ils ont du se dire qu’il y en a qui ne doute de rien.

Mais que me reste-t-il ? Vous raconter ma vie ?

Mais que dire qu’y puisse vous intéresser? J’habite en Auvergne ? Ça ressemble a du déjà vu. Et moi je vais essayer de faire un truc unique. Vu que je risque de n’en faire qu’un seul, ça serait bien que ce soit nickel.

En fait, j’aimerais raconter une histoire, qui puisse vanter ce qui fait de l’Auvergne une région à part, à travers un texte un peu romancé mais bien documenté. Une brochure touristique, avec des meurtres et en trois tomes.
Un peu tous les styles me tentent en fin de compte. Il me faut une idée.

Mon collègue, le peintre, me convie régulièrement à le suivre dans ses pérégrinations artistiques. Et quand je peins, il me dit que je suis « dark » dans le choix de mes couleurs. Ça colle un peu avec le roman policier non ? Le « dark ». Je pourrais faire du Jo Nesbo ! Ça, ça envoie du bois, du sapin, quelques planches qui fleurent bon la charogne…

Du coup je me laisserais bien tenter par un truc un peu « dark ». Mais quoi… une chanson ? Du style, heu… le très très sombre Michel Delpech ?
« Ils me disent, ils me disent :
« Tu vis sans jamais voir un cheval, un hibou. »
Ils me disent :
« Tu viens plus, même pour pêcher un poisson.
Tu ne penses plus à nous.
On dirait que ça te gêne de marcher dans la boue »
Bon, pas très « Dark » le Delpech quand même.

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Toutefois j’aime bien le côté boue… avec la boue c’est ça qui est bien… ça sent tout de suite le tueur en série, le génocide… avec la boue, on doit pouvoir faire un truc bien sombre, et que ce soit un roman, un article, une connerie ou même une peinture au fond d’une cave avec un pote.
Cela dit, va faire passer un message avec une toile au fond d’une cave… et même si tu la trimballes jusqu’en Corrèze pour la montrer. Surtout qu’il y a des chances qui pleuve…
Et là je me dis, bon sang, tu n’as qu’à parler de boue. A moins que ce ne soit debout ? … Peut-être devrais-je faire de la politique ?

« Parlons de boue, debout !!! »… ça sera mon slogan.

Mais ai-je envie d’écrire des discours, et de les répéter, inlassablement, à qui voudra bien les écouter et sans trop y croire ? Pas sûr que ça ne me gonfle pas rapidement.

Revenons en plutôt à la boue. Qui voudrait écrire un truc là-dessus ? D’ailleurs qui aime bien s’occuper de la boue en général? Il ne doit pas y avoir grand monde, mais ça me rappelle un truc.
Quelque chose qu’il m’arrive de dire à mes compagnons de pêche parfois, à mes enfants, souvent… pas toujours dans ces termes mais sur le fond, l’idée est là. La rivière est un peu le reflet de l’état de santé du territoire qu’elle draine. C’est beau. Mais quel rapport avec la boue vous allez me dire. Mais c’est qu’une rivière de boue, même Jo Nesbo n’y a pas pensé… la voila la putain de bonne idée. La rivière de boue dévastatrice, la vase tueuse, le crime parfait.

Bon j’ai mon sujet… j’ai l’arme du crime, il me manque un cadavre… un mort qui renifle le limon et un mobile.

Et si c’était un tueur en série, quelqu’un qui prend son temps, qui étudie bien sa victime avant, un patient, peut-être un carpiste… Je le vois le gars, qui jubile, la bave aux lèvres en regardant les débris se déposer lentement, se charger petit à petit de ces poisons mortels que seul les hommes sont capables de disperser à tout va, comme quand tu pisses en l’air et qu’il y a du vent… ces petites particules, presque invisible qui se regroupent en une pâte, fourbe, qui vient t’étouffer dans le moindre petit interstice. Ces vases nauséabondes qui tueront un jour, le jour ou l’homme lâchera la bête…

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Ça fout les jetons hein… ça démarre bien.

Mais il est là le gars, et pendant ce temps… son barrage se remplit… et le commissaire qui n’est toujours pas là. « Miladiou, Aimé qu’est ce que tu fous ??? »

Et au fait, si ce n’était pas un commissaire, ni même un agent du BIT. Si c’était juste un petit gars du coin qui allait résoudre l’énigme. Un petit gars du coin qui est déjà sur une piste…
Car il l’a bien vu, depuis des années qu’il traque la bête, elle a déjà bouffée quelques gamins dans l’village d’à côté… heu… non, ça je crois que c’est du réchauffé.
Il l’a remarqué donc, notre petit gars du coin, commissaire d’un jour, le petit meunier paisible qui retape son moulin. Soit disant qu’on peut moudre des grains plus gros quand la cascade est plus haute qu’il a dit… mais ne serait-ce pas là son addiction à la boue qui le submerge, sa volonté maladive d’en avoir toujours plus? Peut-être est-il frustré de toute cette vase qui s’accumule derrière les grands barrages pour rien ? Il veut sa boue à lui, il veut pouvoir lâcher la bête.

Je sens que ça va devenir compliqué mon histoire. Comment peut-on imaginer pareil plan pour un crime. Encore, un petit coup de couteau dans le dos, troisième sous-sol, quatrième couloir à gauche je peux comprendre, c’est plutôt discret. Je pense même que tu dois pouvoir bouffer le cadavre tranquille si tu choisis le bon parking. Un parking où les gens n’utilisent jamais leurs voitures pour sortir au grand jour, style le parking de l’ONEMA par exemple, mais là… ça se voit un barrage, il doit avoir une bonne couverture, et surement des complices… c’est ça le truc, il ne peut pas être tout seul… ils sont plusieurs, ils sont peut-être même nombreux. Toute une petite troupe qui aime se rouler dans la fange…

Comment on appelle ça déjà, ces petites bestioles qui se réjouissent à la simple vue d’un marigot et qui grouinent de plaisir quand elles s’y prélassent ? Ah oui, des porcs… mais un roman policier zoophile, ce n’est pas crédible, en tout cas chez des adultes, ça restera donc des hommes.

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Ça me fait penser qu’il me faut une victime… il me faut un truc bien puissant pour arriver à tirer une larme à mes lecteurs… qu’est ce que ma vague de merde pourrait bien tuer ? Des larves et des poissons ? Bah, tout le monde s’en fout et qui irait chialer pour un goujon ?

Un pêcheur ?

Quelqu’un qui aime tellement sa rivière qu’il passe sa vie les pieds dans l’eau et qui n’aurait pas entendu le flot dévastateur lui arriver sur la gueule, tout extasié qu’il était à contempler la beauté de cette terre qui l’a vu naitre ? Hum, bof, c’est pas mal mais ça reste quand même très banal…
Non, ce qu’il me faut c’est une victime que tout le monde aime, une mort bien trash de quelqu’un que l’on chérit au quotidien, un gosse… Ca c’est puissant…

Un gosse qui agonise, coincé dans son bourbier avec la mort qui lui lèche les joues, qui remplie sa bouche et le noie lentement, l’asphyxie doucement et l’empêche d’appeler à l’aide… ça c’est gore…
Tout le monde aime les enfants, même en Auvergne… car l’histoire va se passer en Auvergne, je ne vous l’avais pas dit ? L’Auvergne, une belle région, qui laisse ses enfants mourir, noyés dans la vase…

Mais si cette histoire était une histoire vraie, et si les coupables c’étaient nous tous…

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Peut-être une telle catastrophe s’est déjà produite ? Peut-être devrais-je finalement écrire un article sur un cas similaire qui se serait déjà déroulé en Auvergne ?
Mais où cela a-t-il bien pu arriver ?

Bah, c’est impossible chez nous où tout est fait pour éviter ce genre d’évènement dramatique. Ici, nous aimons la nature et nos gamins, jamais nous ne laisserions un simple d’esprit faire peser une telle menace sur nos enfants et nos rivières…

Et pourtant si…

Ça vient d’arriver à la Bourboule, des mètres-cubes de vase ont dévalé la Dordogne ne laissant pas beaucoup de chances à la famille goujon citée plus haut, ni à nos enfants qui hériteront de ce carnage…
Et si rien n’est fait, si le problème de ces nombreux seuils, obsolètes et meurtriers, persiste, cette mésaventure se répètera, encore et encore…

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Alors samedi, je serai à la Bourboule, pour manifester mon mécontentement, ma colère contre les laxistes cupides qui n’agissent que pour leur seul intérêt mais également pour me donner bonne conscience de n’avoir rien fait jusque là… et ma peur de voir se reproduire sur la Sioule ce type de mésaventure, puisque c’est là que l’homme veut construire son prochain barrage et lâcher la bête de nouveau.

 

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