Catégorie : Sortie de Pêche

Sioule , 2017 s’acheve

Il est de Sioule des paysages que l’on connait .Des paysages qui resteront comme des souvenirs indélébiles à l’heure de laisser à la belle des Combrailles le temps d’une pause bien méritée.

Il me faut profiter au maximum de ces derniers instants au bord de la rivière.

Prendre le temps de m’inquiéter pour ce minuscule tributaire toujours à sec et qui pourtant certaine année recèle d’innombrables petites truitelles.

Prendre le temps d’observer chaque caillou à la recherche d’un indice, d’une piste qui me mettrait sur la voie.

De pêcheur à la mouche, j’en ai surtout appris bien des regards, bien des façons de faire attention au moindre détail.

Pendant que d’autres n’ont  besoin de  pas grand-chose si ce n’est quelque savoir venu d’orient, il est pour moi indispensable que la nature ne change pas trop.

Ephémère équilibre dont la danse de l’infiniment petit  me pousse plus encore à poser mes yeux à la recherche d’un gobage dans une bordure que je connais tant.

De Sioule et des ces truites, j’en ai fait bien plus que des amis. Un art de vivre, une façon de comprendre mon époque, de percevoir le vivant, de mesurer le temps qui passe.

Ainsi les heures ont semblait si courte, les minutes sont devenus des secondes. Ce dimanche scelle la fin de d’un tome. La saison 2017 de 1er cat s’est achevée.

Place à d’autres aventures, à d’autres récits, à d’autres rencontres.L’ouverture de lac de gerris à partir de ce dimanche  me servant une fois encore d’excuse pour vivre intensément cette passion qui me dévore.

Noiretable….Aprés la bataille

Il est des batailles qui ne laissent guère de place à la compassion. Ainsi pourrait se résumer une journée d’ouverture au bord d’un réservoir .Foule des grands jours , streamer aiguisé de prêt , sacs plastiques en bandoulière , nul doute que  les belles américaines allaient prendre rendez-vous au cabinet dentaire de Noirétable.

Habitué à vivre à contrecourant, j’aime l’idée d’aller à la rencontre de ces arcs  quelques heures après.

Des pêches rapides, des Wolly bugger à la danse endiablée, des rolly polly qui vous agacent au point de mordre à pleine dent, nul doute que les quelques leçons apprises ce week end  ont rendu ces dames plus difficile à séduire.

Tout en douceur, comme les pêches que j’affectionne le plus, un train de noyée, un blob, un kikinou balloté aux grés de la vague font de moi le plus heureux des hommes.

A l’heure où quelques uns me diront que je ne devrais pas écrire  certains mots du fait de mon engagement.

J’affirmerai ici et sans faux semblant que j’appartiens définitivement à une catégorie de pêcheur qui considère chaque poisson comme un partenaire de jeu.

Admiratif d’un vivant auquel je n’accorde aucune supériorité .D’une arc de Noirétable, d’un ombre de la Sioule, d’une truite de la Dore, d’un Hotu de l’Allier, un seul geste me semble plus nécessaire que les autres.

Ainsi lorsque je regarde l’arc en ciel se perdre dans l’eau claire du plan d’eau, je mesure modestement un état de conscience qui me pousse à comprendre la fragilité de cet être vivant qui glisse entre mes mains.

Le no kill c’est cela et rien de plus.

Une seconde fugace que la mort ne vient pas altérer …..

Bis repetita sur la mangeuse de nymphe

Septembre vient de poser ses valises. Quelques degrés en moins, une pluie fine pour débuter le weekend.Nul doute qu’il est temps de revenir aux bords de nos rivières pour retrouver un peu d’activité.

De manière inégale, l’été laissera plus au moins de traces. Sur les Combrailles, les assecs sont encore bien présent et rarement  la haute Morge n’aura montré un visage si triste.

Sur les  berges de la Sioule  , chaque ballade me pousse à mesurer combien la fragilité de nos tributaires ne pourra rester sans conséquence pour l’équilibre générale de nos grandes rivieres.Veritable nursery , Coutariaux , Cube et  Braynant auront bien souffert.

De l’autre côté, sur le Forez, la situation alarmante n’aura  peut etre pas été aussi dramatique. La moindre goutte d’eau se montre rapidement bénéfique  au point d’avoir pu observer une réponse violente d’une Dore qui a frôlé les 23m3/s le 31/08.Etat  précaire mais il est rassurant de regarder les petites sources offrir le visage d’une eau rafraichie par les matins plein de rosée.

Pas de quoi s’enflammer mais il apparait évident que la rivière aux milles rochers offrira quelques belles séquences de pêche avant la fermeture.

Ainsi je ne peux résister à l’envie d’aller trainer les waders au cœur de la mangeuse de nymphe. Nulle rivière du 63 ne me parait mériter autant ce qualificatif. Un cm  de trop, une trajectoire que l’on ne maitrise pas et  voici notre casque d’or prisonnier d’un accrochage sans espoir.

La dore est l’une des rivières les plus agréables à pêcher  en période d’étiage car elle impose au-delà du simple fait de faire rouler une nymphe  sur un lit de gravier, tout le savant savoir et la maitrise pour donner vie à un bout de plume et de poil sans odeur.

Tout l’art d’un mensonge qui poussera dame fario à sortir de sa cachette, enfouie au plus profond du basalte.

Quelle ne fut donc pas ma surprise quand tout à coup au milieu d’une dérive anodine, le caillou auquel  je croyais être accroché se mit à bouger.

Rageur, puissant, la dame avec laquelle j’avais rendez-vous m’indiqua sans faux semblant qu’elle ne serait pas une fille facile. Des minutes de combats, quelques mètres de rivière descendu avec la grâce d’un éléphant qui vient de comprendre qu’il doit apprendre à courir le 100m.Je savais que j’allais être le chanceux du jour. Elle était  à mes pieds, sublime truite d’une 50 aine de centimètre, je venais de gagner la guerre.

Pourtant il est des jours où l’on se demande bien quelle étrange idée vous passe par la tête. Plutôt que de lui promettre l’épuisette rapidement , je décidais  persuadé de sa fatigue, de la laisser tranquille au milieu de la veine d’eau ,convaincu de lui épargner les minutes nécessaires à préparer mon panier made in olympus.

De statistiques improbables , de choses qui vous arrivent que très rarement je crois que ma carrière de pécheur m’aura offert son lot d’histoire à dormir debout à l’image de cet ombre de la Sioule qui avait saisi  la potence, conduisant à vivre avec Manu l’un des moments les plus drôles de la saison 2016.

Mais là juste sous mes yeux, observer le manège de cette petite truite qui d’un élan rageur vint à son tour claquer sous 10 cm d’eau la micro nymphe en 20 qui me sert d’aguicheuse me laissa sans voix .En une fraction de seconde,  je venais de rentabiliser à merveille mon temps de pêche avec deux truites pendues au bout de ma ligne.

Malheureusement tout cela allait se conclure par une casse, me laissant juste la joie d’admirer l’ingrate petite demoiselle.Bis répétita d’un événement dont je reste de plus en plus convaincu qu’il se produit plus souvent qu’on le croit.

Il est des jours ou dégouté, j’aurais ragé d’un tel instant , mais là seul, tranquille, peinard, je pris le temps d’une pause, m’amusant d’avoir été aussi couillon .Conscient peut être que l’arrivée de la fin de la saison de 1er categorie ne me laisse que très peu de temps pour dévorer à pleine dent le plaisir d’être aux bords de nos rivières.

Comme une récompense , comme une stratégie payante que l’on a mis des heures à chercher , comme l’impression d’être au bon moment au bon endroit , comme l’impression que tout se joue sur des détails en cette période de l’année , le reste de l’après-midi fut passionnant avec la rencontre de superbes poissons que l’on ne croise que trop rarement sur cette rivière.

 

Halte Correzienne

Une fois n’est pas coutume, de la 89 qui me mene depuis mon enfance sur les berges de la Dordogne, nous  décidons  d’une halte corrézienne.

Porte d’entrée de la vallée espérance, je convie Vincent, tout juste revenu de la  green river, à la découverte de l’un de nos joyaux français. Pour une fois je prendrai le temps de pêcher dans les environs d’Argentat, capitale proclamée  de la pêche à la mouche.

Avec ces 28m3 d’eau fraiche qui roule au milieu des renoncules, la Dordogne fait figure d’épouvantail dans un contexte qui s’est grandement fragilisé notamment sur les Combrailles. Au cœur de notre Auvergne, la sècheresse s’est maintenant bien installée et les températures caniculaires de ces derniers jours ne sont  venues qu’amplifier un phénomène dont l’impact sur les écosystèmes salmonicoles augmente au fil  des années.

Moment privilégié  que celui de faire la rencontre de Fréderic, monteur de canne avec lequel nous allons passer la journée .Des heures d’échange et de discutions autour de notre passion commune. Occasion d’admirer son travail de monteur et  de confirmer mon choix autour de l’arrivée au sein de ma collection de la  Maxia 10pied soie de 2.

Découvrir l’univers de Fréderic : https://www.liberty-rod-fishing.com/

Une canne dont je destine l’usage à des moments bien particulier de la saison comme les périodes d’étiage sur la Sioule ou la finesse et la précision devienne aujourd’hui des éléments majeurs de la reussite.Mais au-delà ,le choix d’un format 10 pied très adapté à nos petites rivières du puy de dôme autour d’un produit dont la polyvalence m’aura surpris .Une canne plaisir lorsqu’elle se voit associé à une soie naturelle au profil TT. Nous en reparlerons sans nul doute dans les mois à venir sur Auvergne Passion Mouche.

Escapade corrézienne à la rencontre du partenaire de jeu qui devrait très rapidement prendre le relai de la saison de la truite qui se termine dans 15 jours. Maitre thymallus , savant joueur de poker qui aura bluffer nos sêches durant une éclosion de minuscule Baetidés,demontrant à Vincent que souvent nos rivières françaises ne manque pas de poisson .Simplement à la différence d’autres endroits dans le monde , la maitrise technique global des pratiquants conduit à des phénomènes d’éducation qui ne facilite  pas la réussite.

Ainsi s’achève notre journée dans la fraicheur du soir. Au loin sur le chemin de retour, le ciel sombre comme les truites de la Dordogne nous laisse entrevoir l’arrivée de la pluie.

Indispensable pour que tout cela continue….

Réflexions méditerranéennes

C’est enfin les vacances .Des bords de la méditerranée aux  balades dans l’arrière-pays nîmois, tout est prétexte  à travailler un art des plus séculaires : Savoir ne rien faire.

Assis sur quelques rochers, j’admire cette immensité bleutée  dont la ligne d’horizon me pousse à la réflexion.

Des heures à vagabonder, à plonger dans quelques lectures. Comme un  nouveau souffle lorsque l’on retrouve la surface. Inspiration profonde d’une apnée ou l’on avait oublié de respirer.Je repense aux mots de David  que j’avais lu il y a des années. Un texte en forme de plaidoyer ou la fatigue de l’engagement semblait inévitable

Dérisoire  combat dont je comprends qu’il est probablement perdu d’avance et dont je sais qu’il me faut rien attendre si ce n’est la critique de quelques-uns.Lassitude profonde envers ces adeptes de la canne qui ont un avis surtout et tout le temps sans jamais avoir  pris le risque d’aller se mesurer à ceux qu’ils insultent à longueur de journee.Comme un destin ou tout semble sellé sans que l’on puisse ne rien faire. Bien naïf est celui qui pense qu’ils influencent le destin de nos rivières. Hypocrisie d’une époque qui laisse aux plus faibles l’illusion d’être importants.

Peut-être est-il temps pour moi de passer à autre chose. Urgence à  mesurer combien chaque minute que je consacre à essayer de donner sans rien attendre, principe même du bénévolat, me conduit inexorablement vers le sacrifice d’instant que l’age rend de plus en plus court.

Des discutions interminables et inutiles sur les medias sociaux  ou il est bon d’avoir un maximum d’amitié, je n’ai plus mauvaise conscience à appuyer sur la touche delete, filant à toute berzingue sur un bateau à la recherche d’un nouveau partenaire de jeu.

Instant magique que celui de passer une partie de pêche au thon sur chasse avec mes fils .Je déguste, je me nourris, je me gave du bonheur de vivre ces moments.

Opportunités rares dont il me faut mettre à l’honneur Benjamin. Raison de l’existence de cet espace qu’est auvergne passion mouche, la mise en valeur d’exotic-fishing représente l’essence des heures que je passe derrière ce pc à faire vivre ce blog. Je profiterai de ces lignes pour le remercier de sa disponibilité, de sa patience. Hâte d’être en octobre.

Découvrir Exotic Fishing:https://exotic-fishing.fr/guide-peche-mediterranee-benjamin-jacquot/

Quel pied de regarder Antoine et Erwan ressentir ces émotions qui nous rapprochent. Quel pied de pouvoir discuter des heures entières sur la violence de l’attaque, la bonne stratégie,  le bon choix d’animation,  la bonne position du bateau,  la fatigue que l’on ressent.

Je sais maintenant que dans les mois à venir j’eprouverai l’envie de refaire de la compétition réservoir, retrouverai le besoin de voyager, passerai plus à pêcher qu’a être au chevet de quelques destinées.La pêche et rien que cela.

Indispensable changement de priorité resultat d’un voyage aux usa qui laissera des traces .

Eloge aux petits coins perdus

De pêcheur de Sioule, rarement les mois les plus chauds de l’année restent dans les annales. Il nous faut nous rendre à l’évidence, nous entrons dans la période la plus complexe.

Certes il est des heures entre chien et loup ou tout nous semble  simple, ou la moindre sedge virevoltant au-dessus de l’ode se voit happer par un museau glouton. Instant magique comme suspendu ou l’on espère la déconvenue d’une minuscule fourmi pour trahir la présence d’une belle.

Pourtant ces moments si fugaces ne pourront faire oublier ces heures de pleine journée ou la chaleur, les canoés, le bruit de quelques baigneurs aura raison de l’enthousiasme de nos truites.

Des partenaires , habitants des Combrailles qui commencent  à saturer du manège des adeptes de la gaule. Fatiguées, sur sollicitées, épuisées  par une foule de plus en plus présente en cette année 2017.

Une foule dont la technicité ne cesse de s’affiner conduisant notre rivière à devenir un lieu où la pêche trouve un terrain d’excellence ,inaccessible souvent au plus débutant d’entre nous. Une foule de visiteurs, touristes pêcheurs dont l’été et les vacances sert de  prétexte à venir à la découverte de notre chère rivière.
Rançon d’un succès qui ne se dément pas .Rançon d’un succès qui conduit l’aappma de Châteauneuf les bains à connaitre une expansion de son nombre d’adhèrent sans égal. Rançon d’un succès qui tranche avec certains endroits que  les pêcheurs semblent avoir déserté.

Comme une mode ou l’on se persuade que le monde est la seule garantie d’être au bon endroit. Comme  une tendance ou l’on préfère la simplicité d’un rendez-vous connu de tous que de partir à la découverte de quelques lieux secrets.

Rare joyau qui abrite de modestes  truites sauvages au cœur de vallées préservées .

Comme une porte ouverte, une invitation à oublier pour un moment les plats bondées du bout du monde pour se laisser emporter par le bruit de la Dore qui s’amuse au milieu des rochers.

Comme une volonté d’aller se rassurer au cœur de la haute Dordogne qui a tant souffert. Comme le chant d’une Couze portant l’odeur de la gentiane et des fleurs de nos montages.

De Sioule, je vous fais le temps de ces quelques mots, une partenaire qui saura sans nul doute vous montrer la richesse de nos autres rivières .Comme un chemin qui doit vous conduire au-delà, plus loin à la rencontre de ces innombrables visages.

Ainsi s’il me fallait conclure, de ces heures difficiles je vous invite à voyager plutôt que de vous agglutiner …..

Balade dans le Haut-Quercy

C’est une petite escapade  familiale dans le lot qui me conduit à la découverte d’un nouveau parcours de pêche que je n’avais jamais fréquenté. Entre deux morceaux de foie gras, une partie de pêche en noyée et quelques ombres de la Dordogne, je profite pour m’échapper  au cœur du Haut Quercy.

Affluent de la Dordogne, la Bave  invite à sa rencontre dans la périphérie de Saint Cère ou les pêcheurs,  amateur de no kil pourront aller s’amuser sur le superbe parcours de Siramon

A cet endroit c’est une rivière d’une 10 aine de mètre qui alterne des gours assez profonds ou se perdent  des courants prometteurs .Des belles portions plus calme sont autant de rendez-vous pour la pêche en sèche.

Arrivée après quelques jours de pluie et une eau teinté, rapidement j’ai dû me rendre à l’évidence que les dames des lieux était  gavées à la vue de leurs ventres dodus. Mais la rencontre avec des truites d’une 20aine de centimètres m’a vite  convaincu du potentiel  de cette portion. Un territoire ou clairement le choix de l’AAPPMA locale passe par la sanctuarisation d’un politique patrimoniale, garantissant de trouver des truites sauvages.

Ainsi pour conclure ces lignes , je ne peux que vous encouragez à aller à decouverte du site internet de l’AAPPMA du Haut Quercy.

Site Internet : http://pechehautquercy.over-blog.com/

Au coeur d’un milieu conforme

C’est au cœur du pays des sauterelles, des agrions, des libellules que nous faisons une pause familiale.

Le temps des vacances. Le temps des premières truites au milieu de la prairie cantalienne. Le temps de constater que malgré une situation inquiétante sur beaucoup de bassin hydrographique et la vision alarmiste qui se dégage dans bien des endroits de France, nos rivières auvergnates s’en sortent plutôt bien.

Le temps  des leçons de la nature. Le temps de faire comprendre à mon fils que plus encore que les truites immenses, c’est notre capacité à ne pas accepter que nos rivières deviennent  des poubelles , conscient de la richesse qui coule à nos pieds

Ainsi de toutes les truites du monde, de toutes les robes, j’exprimerai à cet instant et sans concession  une préférence absolue à aller à la rencontre des écosystèmes préservés ou l’on n’admire pas la mort entre deux parties de pêche. Ainsi de toutes les truites du monde, j’exprimerai le plaisir qu’il me reste de fouler des rivières ou les mots « conforme, patrimoniale,contrat riviere ,etc  » ont un sens .

Ainsi de toutes les truites du monde, je m’engagerai pour avoir la chance de retourner quelques cailloux pour observer la rareté d’une larve d’éphémère.

Minuscule, insignifiante parcelle de vie que sera le prétexte à vous inviter cher lecteur pour conclure ces quelques lignes à la découverte d’un site internet :  Perla.developpement-durable.gouv.fr

Des nouvelles de nos rivières avant les vacances

Bientôt les vacances.

L’arrivée du mois de juillet signe traditionnellement le début d’une séquence de pêche particulière ou pour beaucoup c’est l’occasion de venir à la découverte de nos contrées auvergnates. Je ne résiste pas à vous donner quelques nouvelles du front.

Après un période caniculaire très compliquée, la fraicheur de ces dernières jours nous redonne à penser que  les premières semaines qui arrivent devrait être très sympa à appréhender. Ainsi devient-il pertinent de courir chez son libraire pour aller acheter le dernier numéro de pêche mouche ou l’on retrouve un contenu dense qui nous invite à la découverte de quelques spots en Auvergne.

Parmi ceux-ci, nous sommes invités à partir à la découverte de la Dore. Terrain de jeu qui a vu le week-end dernier le déroulement d’une manche du championnat de France de pêche à la mouche de Première division

Occasion d’admirer les meilleurs pêcheurs de France et probablement du monde .Occasion aussi de mesurer à travers leur performance la capacité de nos cours d’eau à répondre aux attentes des pratiquants que nous sommes. J’en profiterai pour remercier les quelques compétiteurs avec lequel j’ai échangé.

L’administrateur de la  fédération de pêche du Puy de Dôme que je suis se montrant très attentif, convaincu que cette manière d’analyser les choses doit avoir autant de place dans la pertinence et  la lecture que nous faisons tous de nos rivières au-delà des simples valeurs que sont les résultats d’une pêche électrique  ou l’analyse des contextes biologiques.

Persuadé très certainement  que nous devons mesurer la difficulté de plus en plus grandissante de nos rivières à  satisfaire les plus débutants d’entre nous .Comment d’ailleurs ne pas corréler le niveau  de cette Elite ( les premiers) qui au final réalise des scores d’une 20aine de poissons sur 12 heures de pêche (3 secteurs/2Ance/1 Dore) soit un ration d’un 1.6poissons/heures/pêcheurs à la réalité d’une pratique pêche dont la capacité de renouvellement des pratiquants s’affaiblit depuis des années. Un vaste débat.

Vous l’aurez compris, je n’ai pu résister à ouvrir sur Auvergne Passion Mouche cette réflexion,.Constat d’un manque de confiance que l’on peut avoir de nos jours à la parole donnée par certains acteurs de la pêche  qui interviennent sur la Sioule. Amuser aussi  de lire à longueur d’internet  de la part  de quelques pratiquants forts présomptueux (il me semble) qu’il devient de plus en plus difficile d’admettre une simple réalité : Aujourd’hui je me suis ramassé.

Ainsi amis lecteur, tel un billet d’humeur, voyez dans les quelques lignes qui précédents , l’outil d’un propos qui vous invite à l’honnêteté.

Nul doute que certains me reprocheront cela ; nul doute qu’il eut été à cet instant du récit plus agréable de vous dire que tout est bien dans le meilleur des mondes. Nul doute que j’aurais pu espérer de vous la nécessité indispensable que vous soyez suffisamment crédule.

Mais à l’heure où certains viendront poser leur valise au bord de la belle des Combrailles, il me semble indispensable de faire un état des lieux le plus sincère possible et le plus humble qui soit.

De Sioule et de manière plus général dans le 63,  la pêche en ce moment se révèle compliquée. La réussite passe par un nombre d’heure  conséquent au bord de la rivière et la nécessité de maitriser un bon niveau technique.

Bizarement alors que nous avons aperçu tout au long de l’année une myriade de fourreau de trichoptère, les coups du soir se trouvent très instable. Rançon très certainement d’une année froide.

Il nous faut aussi  nous rendre à l’évidence, l’un des facteurs d’affaiblissement de la réussite passe  par un manque de diversité des stratégies de pêche mise en œuvre. Sur sollicité avec  les perdigones et autres nymphes secouées sous la canne dans les rares veines d’eau laissées  libres, les poissons et notamment les ombres ont appris à se méfier de ces adeptes qui ont fait de cette manière de pratiquer une forme de religion.

Loin de moi l’idée de vous inviter à laisser vos cannes dédiés à la Naf  mais je reste convaincu que d’autres voies sont possibles.

S’il est une période de l’année propice à la découverte, les mois qui arrivent vont être  l’occasion de retrouver quelques bonnes pratiques anciennes à l’image de la pêche en sèche sous les frondaisons en journée, la pêche en noyée aux heures les plus fraiches (pré coup du soir) .Des moments qui faute de prise en quantité offriront sans contexte un intérêt passionnant.

Nul doute aussi que  la réussite passera par un parfaite connaissance des secteurs de pêche, un savoir difficile à acquérir en quelques jours. Ainsi deviendra-t-il pertinent peut être de s’adjoindre le temps d’une matinée , d’une après-midi les services d’un guide de pêche à l’image d’Emmanuel Estival.

Un conseil qui prendra toute sa valeur avec un petit rosé  à la terrasse de son restaurant à Châteauneuf les bains :

L’escale.

Au milieu des herbiers

Il est des batailles dont on connait l’issue à la moindre minute où elles débutent.

Frêle présomptueux que je suis, pendant un instant j’ai cru combattre cet adversaire avec la modestie de ma petite mangrove soie de 7 a laquelle j’avais accroché un simple chiro en 28/100.

Frêle présomptueux que je suis, lorsque la soie s’est tendue, lorsque le combat s’est éternisé, lorsque derrière l’appareil j’ai entendu la voix du spécialiste qui m’annonça d’un regard enthousiaste le poids présumé de la bête.

Frêle présomptueux  que je suis, 15 kg de muscle, 40 minutes d’un combat acharné pour sentir ce brin de peau qui se déchire, ruinant les espoirs d’une rencontre improbable.

A la frustration immense, il me fallait chercher quelques réconforts pour accepter ce désagrément. Faire le deuil d’un instant si rare.

De tous les visages des rivières auvergnates, de toutes les saisons, il en est un auquel je voue une affection sans borne. C’est au pays des herbiers que j’allais me ressourcer.

De cet imbroglio végétal, Ils sont nombreux les  pêcheurs qui détestent ce moment de l’année.Leurriste, amateur de godille, pêcheur aux appâts naturels, bien peu se risquent  à faire vagabonder quelques bouchées appétissantes.

Comme le signe d’une liberté qui s’estompe. Comme le signe d’une nature qui  cherche à se préserver  d’une époque où même les amateurs de la canne à mouche souhaitent tout voir , tout savoir  , tout saisir à l’image de ces pêcheurs , excellent naveur  des rivieres franc-comtoise qui m’ont expliqué être tant perturbé lorsqu’ils viennent sur nos rivières. Il faut se rendre à l’évidence, Sioule a su fabriquer sans le vouloir d’immenses réserves.

Nul façon de chercher la tranquillité sans concéder à aller ou les autres ne vont pas. Ainsi il m’aura fallu des années pour apprendre à domestiquer ces interstices promotteurs.Percevoir que tout déplacement doit se faire à pas feutré. Comprendre que l’on ne pénètre pas au milieu des renoncules sans tenir compte de leur implantation, de la manière dont elles bougent. Maitriser ses déplacements tout en préservant de sa présence celles qui habitent les lieux.

J’aime pêcher ainsi. J’aime ne rien voir, tout deviner, retrouvant les réflexes d’une pêche pleine de mystère ou l’on se surprend à imaginer, à rêver.Une pratique tout en précision, tout en humilité ou parfois le simple fait de faire pénétrer une mouche  dans l’eau suffit à vous amener une fois encore à l’étau.

J’aime sentir le poids d’une modeste truite qui fait tendre mon nylon, se saisissant du gammare qui lui échappe. J’aime soutenir, conduire, faire passer une simple noyée à la mode « tout nylon » que je m’amuse à détourner. J’aime mesurer combien le sieur thymallus si farouche ne peut se risquer à laisser passer une tricofil que l’on vient d’animer à l’endroit précis ou se trouve son repère.

Pêcher au milieu des herbiers ne s’improvise pas .C’est une pêche qui se prépare , qui se repere.Une pêche ou chaque caillou , chaque rocher , chaque veine d’eau a fait œuvre d’un repérage durant les semaines ou la rivière  a accepté de se laisser regarder. Pêcher au milieu des herbiers reste à mon sens la meilleur expression du savoir que l’on a su accumuler au fil des années.Plus ils sont denses , plus je m’amuse.Plus ils sont denses , moins il y a de monde.

Pêcher au milieu des herbiers , c’est mon trip …..