Auvergne Passion Mouche

Journal d'un passionné de pêche et de nature

Escapade Lotoise :2 Heures à tuer

Il est une rivière que je croise dont la saveur est toujours très particulière.

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Terre de mes origines, la Dordogne Lotoise aux environs de Puy brun/Carennac coule dans des lieux où chaque recoin s’agrémente d’un récit de pêche qu’un ancien du village a livré en pâture à ma rêverie halieutique.

Si grande, si majestueuse, pourtant si familière, la Dordogne reste cette magnifique, joyau en terre du milieu. Coulant parmi les plus beaux villages de France, de Beaulieu au pays de gabarre, de Carennac aux gravières de Gintrac, j’avoue être à chaque fois envouté par la beauté des paysages.

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Une halte à Tauriac, histoire de me replonger dans mes balades enfant sur le bord des escouanes.Que l’endroit a bien changé au fil du temps .

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Les couanelles sauvages ou chaque souche cachait un brochet ont laissé place à un bras si paisible ou seuls quelques vairons trahissent une vie qui ici aussi se fragilise.

« Il n’y a plus rien »annonce l’ancien assis sur son banc. Litanie immuable de nos aïeux qui ont tant connu de chose.Le paradis s’en est allé sous la joute des tractopelles laissant  quelques panneaux pour seul héritage.

 

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Plongé à travers d’innombrable conte et légende piscicole depuis ma plus tendre enfance, j’avoue que cette Dordogne me livre à chaque fois ce sentiment mitigé.

Evitant l’affrontement et la comparaison avec d’autres temps, je préfère bien souvent à une partie de pêche, une salade périgourdine et son petit toast de foie gras.Mais avec l’age qui arrive, le nécessité de faire un peu d’exercice après quelques bonnes bouchées me fabrique petit à petit la parfaite excuse pour faire un tour à la rivière.

2heures à tuer, 2 heures pour revenir en enfance.2 heures à communier seul au bord de l’eau comme le fessait naguère mon grand pêre.Comme le vélo que l’on n’oublie pas, je retrouve rapidement mes marques. Lire une grande rivière n’étant en somme qu’une affaire de division.

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Le niveau de la rivière est un poil tendu et l’hésitation d’une stratégie à mettre en place gâche les premières minutes de notre rencontre. La noyée sur la gravière me semble être la garantie de prospecter de l’espace. Pourtant la belle veine d’eau à l’aval annonce la promesse d’aller à la rencontre d’un des habitants renommée des lieux : Maitre Thymallus.

Choisir sera le plus dur car lorsque le temps est compté, la pêche se résume souvent à la capacité d’être là où il faut quand il faut .L’une des premières dérives m’offre ce que je suis venu chercher, un petit ombre d’une 15aine de centimètre, arguant à la commissure la lèvre cette nymphe coloré à la mode espagnol. C’est sur ici il y a un banc d’ombre.

Mais faute de soleil sans qui l’ombre se fait rare, la bonne surprise d’un coup de tête plus puissant m’invite à croiser le fer avec l’une des superbes truites qui habite le secteur. La beauté de la belle n’a égale que la force avec laquelle elle m’échappe des mains pendant que je l’invite à immortaliser notre rencontre.

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La proposition que nous fassions ensemble un selfie tendance ne semble guère l’avoir enthousiasmé. Pourtant Narcisse m’avait livré tous ces bons conseils. J’avais acheté quelques extensions de bras, trouvé à bas prix sur eBay. Je mettais entrainé avec un poisson carré du congélateur, le fesant passé pour un cabillaud plus gros que la célèbre sardine de Marseille .J’allais  pouvoir revenir de ce pas au village, fier comme Artaban, démontrant le grand pêcheur que j’étais devenu.

Satané ingrate à qui je voue tant d’heure, miladiou di diou, dirait sans nul doute mon grand-père, je me retrouve là tout penot.La pauvre image d’une truite posé sur le fond de l’épuisette comme mon humble performance.

Alors amis lecteur, je vous demanderai à partir de maintenant de faire preuve d’imagination.

Je vous raconterai avec l’accent qui va bien, l’histoire improbable mais pourtant tout à fait vrai de ce pêcheur qui fut emporté par une belle journée d’aout dans les profondeurs de la Dordogne par une truite grosse comme une oie que l’on avait gavé pendant tout l’hiver. Pour faire passer la pilule, nul ne doute qu’un petit ratafia de pays saura à coup sûr vous enlever les derniers doutes.

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Et si comme moi, vous préférez à tous les selfie du monde où l’on se préoccupe plus de sa petit trombine que de la manière dont on met en valeur l’émotion et la beauté d’un poisson. Si vous préférez à cela , un bonne histoire que l’on se raconte sur la place du village , faisant pâlir le célèbre adage :10 pêcheurs et 10 chasseurs égal 20 menteurs. Alors n’hésitez pas , je crois bien qu’il me reste un peu de ratafia dans la cave.

 

 

Updated: août 15, 2014 — 11:15

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