Regard de Sioule : Rendez vous avec Olivier Bernasson, un pêcheur.com

Sur les berges de la Sioule, est venue la periode de repos. Les belles dames aux points rouges devraient dans quelques jours courir les radiers à la recherche du prince charmant. Le pêcheur que je suis, un poil démunis, vous invite malgré tout à aller à la rencontre de notre rivière .Le temps d’un regard, celui d’un pêcheur à travers sa parole, sa manière d’appréhender la fille des combrailles.

Aujourd’hui comme un intermède  , je laisse place sur Auvergne Passion Mouche à Olivier Bernasson , un pêcheur.com

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Bonjour Olivier, c’est avec grand plaisir que je te reçois  sur Auvergne Passion Mouche.

bernassonCertains voient en toi le fondateur de pêcheur.com, d’autres verront l’internaute actif  qui anime souvent de ces commentaires nos medias  sociaux .Personnellement je souhaiterai  recevoir le pêcheur de la Sioule.

1-En préambule, Pourrais-tu  nous faire une petite présentation même si je pense que beaucoup te  connaisse ?

J’ai 56 ans, je suis entrepreneur. J’ai en effet fondé Pecheur.com à Gannat, entreprise que j’ai dirigé jusqu’en avril dernier et que j’ai cédée au groupe Décathlon.

J’habite à Chatel-Guyon depuis 2013. Je suis pêcheur à la mouche quasi exclusivement.

Il m’arrive, à l’occasion de pratiquer un peu la pêche au leurres en float tube. Mais c’est vraiment rarissime. J’ai jusqu’à il y a 4 ans pêché en Ariège tous les étés depuis mon plus jeune âge. Aujourd’hui hormis la Sioule je pêche surtout la Dordogne aux alentours d’Argentat, quelques sorties sur la Sorgues avec Manu Vialle (JMC).J’essaye d’aller au moins une fois en Slovenie. Mais globalement je pêche beaucoup moins qu’avant.

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2-Tu fais partis des  pêcheurs qui ont connu  jeune notre Sioule et plus particulièrement ( il me semble)  les secteurs aval aux environs d’Ebreuil. Peux-tu nous replonger dans tes souvenirs pour nous parler de cette rivière  quelques années en arrière ???

Je n’ai pas connu la Sioule en étant très jeune. Je ne suis arrivé dans la région (à Ebreuil) qu’en 1992.C’est vrai que ça fait maintenant 25 ans .

Il est vrai que, venant de Grenoble pour travailler à Riom, je m’étais documenté sur les rivières locales et m’étais installé volontairement tout près de la Sioule. A cette époque je pêchais tous les jours.

Parfois le matin avant de partir au boulot et bien entendu le soir à peine rentré et jusqu’à la nuit. J’ai souvenir d’éclosions de mouches de mai sur le plat du pont d’Ebreuil qui faisaient bouillir la rivière. J’ai vu sortir 2 très beaux ombres juste sous le pont par 2 gamins qui pêchaient au toc.

Bien entendu il n’y avait pas que des truites sur cette portion de rivière mais elles n’étaient pas rares, loin de là. En fait à l’époque je ne dépassais que très rarement Chouvigny. Je trouvais mon bonheur et une belle densité de poissons à points rouges dans cette partie de la basse-Sioule. Il y avait souvent de vraies éclosions de masse qui mettaient les poissons en activité de surface intense pendant de longues périodes. Je trouve qu’aujourd’hui ces moments sont devenus des exceptions. J’ai souvenir d’une soirée de frénésie sur le plat de
Entre 94 et 98, j’ai quitté la région pour aller en Belgique mais je suis revenu à chaque fois que possible parfois pour un week end de pêche sur la Sioule. Il m’est même arrivé une fois de faire les 700 Kms pour m’apercevoir à l’arrivée que j’avais oublié mon Vivarelli en Belgique.

A mon retour, pour échapper à une fréquentation qui avait bien augmenté et aussi pour contourner les niveaux trop élévés, j’ai pris l’habitude d’aller sur la boucle à Montfermy et dans les alentours de Pontgibaud au moment de la mouche de mai.

Mais surtout j’ai vu la population de truites (en tout cas mes captures), baisser sur la portion de rivière en dessous de Menat. Il est devenu beaucoup plus courant de tomber sur des chevesnes ou des barbeaux que sur des farios. Pourtant à cette époque, travaillant désormais à Gannat chaque occasion d’une ou deux heures était mise à profit pour aller faire un saut à la pêche. Les Bignards, les tressots, le Moulin des Oyes (juste sous le château de Saint Bonnet), le pont de l’autoroute… autant d’endroits en aval d’Ebreuil sur lesquels je me suis bien amusé.

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3-Aujourd’hui malgré ton planning très chargé, il est fréquent de t’apercevoir canne à mouche en main sur le bord de notre Sioule.Garde tu encore de l’attrait pour celle-ci et comment perçoit tu son évolution au fil de ces années ???

Je constate qu’au fil du temps je suis remonté de plus en plus haut pour trouver les truites mais aussi que la rivière a retrouvé sur le haut de la basse Sioule la qualité et la réputation qui font  venir des pêcheurs de loin. L’ombre est là et bien là.

Je trouve que l’écart avec l’aval de Menat s’est creusé au fil du temps. Par endroits (de plus en plus nombreux) la première catégorie n’en a plus que le nom.
La cohabitation avec les kayaks s’est appaisée. Mais c’est peut être moi qui suis plus calme 😉

En revanche je trouve qu’en été les niveaux sont beaucoup plus bas et sur une période beaucoup plus longue que par le passé. La rivière souffre.

Mais pour rester optimiste, les quelques soirs ou une belle éclosion met les poissons dehors on peut se rassurer, il reste encore beaucoup beaucoup de poissons dans notre belle rivière.

4-Parmi les souvenirs qui hantent nos rêveries halieutiques, il y aurait-il une anecdote, une rencontre, une image précise qui reste encore graver ???

Les souvenirs sont très nombreux bien entendu.

Un brochet venu mordre dans le chevesne que je venais de prendre en sèche un jour de fermeture en aval de Gannat…

Ce soir ou ayant cassé mon anneau de pointe à Ebreuil en plein coup du soir de folie, j’ai filé (un peu vite) en voiture chez un copain qui habitait à Saint Quintin sur Sioule pour le recoller avant la nuit, sans me rendre compte que j’avais même semé la gendarmerie qui trouvait que.. je roulais trop vite. Ils m’ont rattrapé à la nuit quand je rentrais chez moi.

J’ai aussi le souvenir de ce gobage sous la berge, au dessus du pont à Pontgibaud, que Jean-Yves (Gobages) a pris pour un remou de ragondin… J’ai insisté pour qu’il y passe sa mouche. Ça n’était pas un ragondin ! Depuis, entre nous, on appelle cette mouche « la ragondin »…

Mais je garde avant tout le souvenir de la dernière sortie que nous avons fait avec Maurice (ancien président de l’AAPPMA de Chateauneuf) qui, bien que déjà malade, nous avait promis de nous emmener sur le plateau. On était une joyeuse petite bande, dont Jean-Yves et JB Chaguet.On a passé une journée fabuleuse. La Sioule était magnifique, les poissons ont été au rendez-vous toute la journée au milieu des renoncules.

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5-Permet moi maintenant de te demander ta vision de la gestion de cette rivière,les choses qui a ton sens devrait être indispensable pour permettre à celle-ci de garder un avenir ???

J’ai été ravi de voir que le seuil à Menat avait été effacé.. A Lisseuil je me désole de voir encore des déversements plus que sales qui partent directement dans l’eau… Globalement je pense qu’en aval de Menat le nombre de captures de salmonidés devrait être abaissé drastiquement et la taille minimale montée à 28, à l’image de ce qui a été fait sur Chateauneuf.

Ce qui a été fait sur Chateauneuf porte ses fruits même si rien n’est jamais acquis. La pression de pêche est importante et les eaux se réchauffent.

En guise de conclusion je ne résiste pas à l’envie de te voler quelques secrets   sous la forme de petite série de question rapide :

6-Quel est ton spot préféré sur la Sioule ???

Comme je le disais plus haut j’ai beaucoup bougé et mes lieux favoris ont évolué au fil du temps et des prises. Depuis une dizaine d’années je me partage principalement entre 2 spots : le no-kill des Meritis (et alentours) et le plat sous le Rendez-vous des Touristes à Lisseuil.

Pendant longtemps je ne manquais pas une occasion de pêcher le plat sous l’hotel des Roches à Servant. J’y ai pris de très beaux poissons en bordure.Dans le trou en haut, j’ai même tenu un moment un saumon (en tout cas je ne vois pas ce que ça pouvais être d’autre).

7-Quelle est ta mouche fétiche ???

J’en citerai 3 :

L’oreille de lièvre de Florian Stephan, la Devaux ATE, une mouche d’André Terrier (et tout particulièrement celle avec le tag rose) et le Elk Air Caddis que j’adore faire draguer sur les bordures quand l’activité se fait attendre.

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Ainsi s’achève ce premier témoignage et une fois de plus je profite de l’instant pour remercier Olivier de s’être prêté au jeu de l’interview. Je profite aussi de l’instant pour remercier Jean Yves Chastenet qui a eu la gentillesse de me faire passer quelques images d’olivier en action de pêche.

Très bientôt je vous inviterai une fois encore à la rencontre d’un pêcheur de la Sioule. Plus encore que tout le reste,je reste intimement convaincu que  c’est à travers les regards de ses pratiquants que s’écrie l’histoire d’une rivière.

Updated: octobre 12, 2016 — 8:42

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