Auvergne Passion Mouche

Journal d'un passionné de pêche et de nature

Rencontre avec Vincent BOTTE

      vincentPeu , trop peu d’acteur professionnel de la pêche ont le courage , l’envie de s’engager dans la protection des rivières et la valorisation de l’activité pêche à l’échelle de nos aappmas .

Sur le secteur Sioule-Combrailles , nous avons la chance d’avoir l’un deux : Vincent BOTTE.

 

A travers ce nouvel article , je vous invite à sa rencontre sous la forme d’une interview  et  à travers lui à la découverte d’une rivière qui nous est si cher à tous les deux :La Sioule .

 

79365_DSC_0882.jpeg

 

Allez Vincent , c’est à toi maintenant .

 

Peut tu nous faire une rapide présentation ?

Bonjour Stéphane, je suis très heureux que tu me contact afin de pouvoir répondre à ce questionnaire qui est une première sur ton blog « Auvergne Passion Mouche »
Je suis Moniteur Guide de pêche installé depuis 2009, sur le département du Puy de Dôme,Pêcheur à la mouche dans l’âme, j’essaye par mes compétences de transmettre ma passion en toute simplicité…

 

Le pêcheur qui est en toi
Comment as-tu découvert la pêche et notamment la pêche à la mouche ? Que t'apporte celle-ci ?

J’ai découvert la pêche comme beaucoup d’entre nous depuis l’aspect familial, mes grands pères, mon père, mes oncles, pratiqués assidûment la pêche de la truite à la mouche artificielle.
Vers l’âge de 8 ans, j’ai pratiqué la pêche au lancer, qui m’apportait, distance, précision, et poisson….. puis naturellement est venue la pêche aux appâts naturels, à l’âge de 10 ans,me permettant de prendre des poissons autres que les carnassiers avec des touches plus subtiles qu’un poisson happant un leurre.
à 12 ans,lors de mes vacances d’été sur l’Alagnon, mon grand père maternel m’emmenait au coup du matin, en tant que spectateur de gestes magiques, d’une soie qui flotte dans les airs,parfois dans le brouillard épais du levé du jour, sur une rivière sombre ou quelques poissons crevaient la surface au hasard d’insectes dérivant au fil de l’eau…..
J ‘ai vite intégrer le fait, que ce serait pour moi, cette pêche qui m’envoûterait le plus…. quelques années plus tard, car tout était lié…..

Aujourd’hui, 23 ans plus tard, cela reste ma technique de prédilection, si je devais la résumer, je la fixerai à cette règle: O.D.P ( Observation, Discrétion, Présentation )
C’est une pêche qui impose la compréhension du milieu dans lequel on évolue, la connaissance des m?urs et habitats des poissons….pour l’assimiler, afin de tirer le bénéfices de sa pêche et de leurrer un maximum de poisson.
Outre l’aspect technique gestuelle, c’est une pêche accessible à tous
Ce qui reste de magique, c’est le fait de découvrir systématiquement de nouvelles choses dans la nature et de se remettre en question en toute humilité…face à elle

 

en action de pêche (23)-border

 

L'acteur de la sauvegarde des rivières
Je connais ton investissement à l'égard des rivières et notamment de la haute Sioule à travers l'aappma de montfermy .Peut tu nous en dire un peu plus au sujet de cette rivière, de sa fragilité, du travail de l'aappma ?

Il me parait nécessaire lorsque l’on souhaite comprendre le milieu et donc tirer la quintessence au niveau de sa pêche,d’avoir des connaissances sur le fonctionnement de celui ci, de connaître ses atouts, ses contraintes, ses forces et ses faiblesses….
Je ne suis qu’un « acteur » modeste sur une portion de rivière en laquelle je crois pouvoir apporter humblement quelque chose…

La pêche associative souffre dans notre pays, le bénévolat s'essouffle et les pêcheurs se mécontentent de la pêche d'aujourd'hui par rapport à celle des années de providence, festival d'excès en tout genre qui ont restreint considérablement les effectifs piscicoles, déjà fortement impactés par les dérèglements liés aux activités humaines, agricoles, industrielles et qui ont sévit fortement sur le milieu depuis les années 80.

La rivière SIOULE dans sa partie amont, n’échappe pas au fléau, même si d’aspect visuel nous trouvons des sites sauvages, de nombreuses menacent pèsent sur le cours d’eau et ses affluents, je dirais même, que malgré toutes ses menaces et facteurs aggravants, la nature s’est fortement bien adapté à ces dérèglements ( débit réservé ), et pollutions diverses ( épandage, assainissement non conforme, infiltration métaux lourds……) mais qu’elle reste d’une fragilité évidente et que des mesures de protectionnisme doivent voir le jour.
Au niveau de l’ AAPPMA ( association agréer pour la pêche et la protection des milieux aquatiques ), nous avons su créer une émulsion derrière un projet de protection sans précédent sur la haute Sioule de notre activité pêche, même si beaucoup reste à faire….
Nous avons crée un parcours  » sans tuer » , nous essayons de sensibiliser par le panneautage, et par la prévention au niveau de la garderie…
Des gîtes à vocation touristique ont vue le jour par le biais de la mairie, qui à bien compris que la pêche pouvait être un vecteur de fréquentation et de retombées pour la commune….. mais le tout ne reste pas de sensibiliser les pêcheurs qui restent finalement que le dernier maillon subissant, en amont c’est tout un travail collectif avec les communautés de communes, des élus, des offices du tourisme, des associations…
Rien n’est simple, mais le combat se fait dans le rassemblement, pas dans l’individualité

 

IMGP1029-border.jpg

 

 

Le professionnel pêche.
Tu es guide de pêche .Peut tu nous en dire plus sur ta profession ?

Un Moniteur Guide pour exercé sur le territoire Français, doit obtenir son brevet d’état
c’est une profession qui amène à la rencontre de débutants, comme de passionnés…
Mais quelques soit le niveau, c’est extrêmement passionnant de pouvoir transmettre et d’échanger des savoirs et des connaissances….
C’est un métier que j’exerce en complément d’activité, car il est quasiment impossible de vivre de ce métier à l’heure actuelle et sur le territoire….
Mes stages sont beaucoup orientés sur l’initiation et le perfectionnement et donc sur l’étiquette de Moniteur…… car on ne peux parler réellement de guidage en France, comme on pourrait le faire à l’étranger… la richesse piscicole ne permet pas de promettre des poissons de 50 cm à toutes les sorties…c’est une réalité et les stagiaires le savent très bien, alors on travaille plus sur la gestuelle, la connaissance du milieu, la lecture de l’eau, etc….. et la pratique, et les poissons sont au rendez-vous, dans des tailles plus modestes.
La plupart des sorties s'effectuent en rivière, et à l'arrière saison sur les réservoirs ( où il y à introduction des truites )

Je proposes donc des stages de pêche à la mouche en rivière, en réservoir, à la recherche de la truite, du brochet, de la carpe à la mouche, du bord ou en float-tube…… de la pêche sportive en perspective
Et puis des prestations toutes aussi intéressantes comme la pêche aux appâts naturels de la truite en eaux vives….

 

Gouzon (7)

 

Pour contacter Vincent : Son site

Pêche Nature 63

 

L'avenir de la pêche
En tant qu'acteur pêche privilégié, il me parait intéressant que tu nous dises comment tu vois la pêche et son développement ?

Par rapport à la technique, je penses que l’avenir de la pêche aux leurres et de la carpe est assuré,il y à un réel engouement pour ses pratiques avec une éthique de plus en plus fédératrice ( enduro,battle,street-fisching,compétition AFCPL….)

Concernant la pêche à la mouche, je suis plus réservé au niveau de la compétition, mais confiant dans sa pratique et dans son nombre d’adhérents….dans les années à venir.

Au niveau de la pêche et de son fonctionnement,la pêche associative souffre, car les pêcheurs n’ arrive pas à se rassembler et à avancé vers des projets communs et par méconnaissance du tissu associatif pêche en France.
je suis favorable à la création du passage d’un permis de pêche, afin d’avoir un minimum de connaissance des espèces, des milieux, de la réglementation…. et reconduit chaque année par une validation.
Cela je pense sensibiliserai d’avantage les pêcheurs à s’investir à la protection de leur passion et donc de la ressource…dans les AAPPMAs, voir les Fédérations de pêche.
Il nous faut impérativement préserver les milieux et les espèces
Cela passera impérativement par un changement profond des institutions et des règlements ( nombres de prises, tailles légales, protection des espèces sur les frayères,etc….. )
l’eau est patrimoine commun, à partir de cela, chaque agression portant préjudice à sa qualité et à sa vie doit être sanctionnée.
Cela reste pour la partie, ou les choses reste sous l’emprise d’une pêche en réciprocité……cependant au vu d’un certain laxisme et du fait que les pêcheurs recherche des produits « pêche-panier », je penses que la pêche privé va prendre le pas progressivement sur les territoires, avec une gestion plus ou moins anarchique sur les milieux….. ce qui devra faire l’objet de beaucoup d’observation et de conclusions.

 

P1010448-border.jpg

 

 

Pour conclure
Au fil de nos nombreuses années de pêche  , chaque pêcheur grave des souvenirs de pêche.Peut tu nous livrer une anecdote arrivée sur une de nos rivières auvergnates , la Sioule peut etre ?

Oui, elle remonte à l’an passé, partit à la pêche avec mon père, sur le parcours no kil de Chateauneuf les bains, je lui fait remarquer que l’AAPPMA du secteur à panneauté les frayères, la taille minimal de capture à 28 cm….
L’eau est à bon niveau, la rivière est magnifique, personne sur le parcours, un rêve, non de la chance peut être…..

Puis nous pêchons, côte à côte, nous faisons régulièrement du poisson, mon père en mouche sèche, moi sous l’eau en nymphe….c’est un technique qu’il ne pratique pas…. son instinct de pêcheur lui indique systématiquement lorsqu’il prend sa prise à me solliciter pour savoir si elle fait la maille ou non…. il connaît mon avis sur la question puisque l’intégralité de mes prises retournent à leur élément donc je ne me poses jamais cette question et s’est du temps de gagner pour la pêche et immortaliser au travers d’une belle photo en générale……
J’ai la chance de faire un bel ombre…. il pourra le filmer lors de la remise à l’eau….. ses yeux brillent.

 

sioule (33)

 

 

Sur ce parcours, nous aurons fait pas mal de poissons , aucune au dessus de 28 pour mon père, mais il est fier et stupéfait d’avoir touché une bonne vingtaine de poisson entre 23 cm et 28 cm……c’est génial s’exclame t’il, cela faisait un moment que je n’avais pas fait autant de poissons, quel plaisir, quelles sont belles, regarde moins ces points magnifiques, il pêche depuis 1967 à la mouche……
Satisfait de moi et de ce moment passer avec lui….sur le retour vers notre véhicule, il me demande pourquoi en haut sur la sioule…. il ne fait pas de telle pêche…nous avons c?ur à discuter de la rivière et de son profil, en haut, en bas….
Et puis je lui, dit tout simplement tu sais Papa, un poisson qui n’est pas dans la rivière ne peut pas se reproduire….si tous les poissons que tu à pris avait été prélevé à 23 cm… la taille légale en haut…. cet aprés midi tu aurais touché 2 poissons….
Cette remarque à été un déclencheur chez lui, et dans sa perception de la pêche, bien sûr il garde un ou deux poissons de temps à autres, cependant il s’est fixé sa limite car il à pris connaissance de la préservation de la ressource pour ces pêches futures, les miennes, les vôtres et celles de ces petits enfants..….

 

P1010478-border.jpg

 

 

Il est tant pour moi de conclure ce moment passé avec toi .

La pêche est une formidable opportunité que nous avons pour communier avec la nature , pour se retrouver autour d’une passion .La pêche , un simple trait d’union entre nous et ce qui nous entoure.

Sinon on va à la pêche quand?

 

P1010499-border.jpg

 

 

Updated: octobre 17, 2011 — 3:24

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Auvergne Passion Mouche Frontier Theme